Un beau cadeau

Bez kategorii

Cher Monsieur M…..r,

Laissez-moi vous remercier au nom de tous les enfants et adolescents de France du merveilleux cadeau dont vous allez les gratifier . Quelle générosité, quelle abnégation ! Car je suppose que vu les monstrueuses dépenses auxquelles doit faire face actuellement le Trésor Public, vous allez payer les frais de publication de vos propres deniers. C’est tout bonnement in-croy-able !

Je vois d’ici la joie de tous les jeunes qui, pour parler vulgairement, vont s’en payer une bonne tranche en parcourant cette anthologie, certainement d’un goût aussi exquis que les productions de feu le professeur Choron. Avantage collatéral, cela va leur donner des idées pour brocarder leurs professeurs, la police, les lois de la République, les ministres, les politiques – Hélas ! Cet âge est sans pitié – et bien sûr le Gouvernement responsable de tout ce qui nous arrive, du coronavirus à la météo.

J’espère que vous n’oublierez pas de distribuer ce charmant volume dans les écoles privées. Pensez au bonheur des parents en voyant leur religion ridiculisée.

Fan de caricatures comme vous l’êtes, vous devez adorer qu’on se gausse de votre personne. Aussi ai-je une merveilleuse idée pour la couverture de cet ouvrage. Pourquoi pas vous représenter sur un vaste pot de chambre, en train de restituer à la nature ce que vous avez payé très cher dans votre restaurant étoilé favori. Ce serait charmant, agrémenté d’un rouleau de papier hygiénique rose sur un petit tabouret en compagnie d’un flacon d’Air-Wick , et d’une jolie balayette. Ce ne serait pas de très bon goût, mais je suis certaine que cela vous plairait.

Une formulation appropriée

Bez kategorii

Quand les technocrates qui formulent les slogans gouvernementaux concernant le coronavirus comprendront-ils que beaucoup de jeunes de banlieue défavorisées ne comprennent qu’un vocabulaire de base ? Parmi ceux dont les parents sont illettrés, voire analphabètes, les Français de souche disposant, au mieux , d’un vocabulaire de 400 mots et, au pire, de 250 parlent plus couramment argot, les Français d’origine maghrébine ou africaine, qui n’en ont pas davantage parlent arabe, wolof, mooré, diula, swahili, kicongo ou autres dialectes lorsqu’ils sont entre eux. Quant aux immigrés de fraîche date et aux clandestins qui ne maîtrisent pas encore notre langue ils s’expriment le plus souvent dans leur langue maternelle : roumain , russe, afghan, tchétchène, turc, hindi ou autres idiomes incompréhensibles, lorsqu’on n’est pas polyglotte comme Monsieur Claude Hagège.

Dans le temps, les personnes de tout milieu social ayant obtenu leur certificat d’étude en savaient beaucoup plus que certains étudiants de première année et pouvaient écrire et parler un français correct. Ce n’est fichtre pas le cas actuellement ou même certains animateurs de radio ou de télévision font parfois des fautes de grammaire et de prononciation effarantes.

Alors, Messieurs les Technocrates, essayez d’utiliser un français adapté à tous. Pourquoi ne pas dire tout bêtement : «  Portez un MASQUE, Lavez-vous souvent les mains et ne vous collez pas les uns contre les autres » au lieu de recommander benoîtement d’ « observer les gestes-barrières. » qui n’évoque absolument rien pour certaines personnes défavorisées.

Imaginez que vous venez d’arriver en Corée du Nord et qu’on vous menace dans la langue vernaculaire de vous mettre en prison si vous n’observez pas les jangobyeong jeseucheo, au lieu de vous dire crûment en mauvais franglais :  «  Puttez une mâsk sur vos figures , si pas, prison !» phrase que vous comprendriez parfaitement ! Je peux vous assurer que vous vous mettriez dans un effroyable pétrin si, comme moi vous ne parliez pas un traître mot de coréen.

Les Français sont plus indulgents. Ils ont même peur d’effrayer leurs concitoyens et surtout leurs clients. J’habite un bourg côtier fort prisé par les touristes. Au début du confinement mon supermarché avait apposé à l’entrée une affiche très visible où on pouvait lire en grosses lettres :

MASQUE OBLIGATOIRE

Quand les estivants arrivèrent, cette affiche comminatoire fit place à une feuille de 21×29,7 avec une phrase moins susceptible de choquer les vacanciers par son exigence et sa brutalité :

Masque fortement recommandé

ET SI TRUMP NOUS TRUMPAIT ?

Bez kategorii



La psychologie m’a toujours passionnée. Les caractères tordus m’intéressant particulièrement, il est normal que le cas Trump ait piqué ma curiosité.
Ne trouvez-vous pas bizarre que ce brave président sorte de l’hôpital frais comme l’œil au bout d’une petite semaine après avoir souffert du covid-19. Miraculeux non ? Sapristi, il avait tout ce qu’il fallait pour y rester ! Il avait bien plus de 65 ans, était obèse et qui sait s’il ne souffrait pas de diabète gras.
D’après tous les témoignages, les gens atteints de cette terrible maladie, s’ils n’en meurent pas, se sentent patraques pendant plusieurs semaines. Ils se traînent comme des zombies, le regard terne, et la mine morose. Je n’en ai vu aucun jeter son masque d’un air jovial en franchissant le seuil de l’hôpital. Alors, comment expliquer le rétablissement éclair de Monsieur Trump, alors que, selon toutes probabilités il devrait être six pieds sous terre dans un cercueil d’acajou capitonné.
Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que ce brave homme n’a pas eu le covid-19, et que sa soi-disant maladie n’était qu’un coup monté, relativement subtil. Eh oui, chers amis lecteurs.
Trump a voulu nous démontrer qu’il avait raison en affirmant que le covid-19 n’était , comme il nous l’avait proclamé maintes et maintes fois, n’était qu’une méchante grippe, que les milliers de morts n’étaient que des mauviettes alors que lui, son Excellence Donald Trump s’en était sorti avec panache grâce à sa virilité et à son charisme de chef. Et son gracieux jeté de masque était symbolique de l’inutilité de ce préservatif dont il n’avait cessé de se gausser.
Mais, me direz-vous, ses traits tirés, ses cheveux ternes , les petite mèches blanches au-dessus des oreilles ? Voyons, rien de plus facile. Il lui suffisait de se passer de maquillage et de ne pas se faire teindre les cheveux pendant huit jours. Vous n’imaginez pas qu’à soixante-quinze ans il a gardé son teint de jouvenceau et son opulente chevelure blond roux. Tout cela n’est qu’artifice, et même, je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’il porte une moumoute.
Mais peut-être est-ce moi qui me trumpe…

Lisez mes articles, Monsieur le Président !

Bez kategorii

Cher Monsieur le Président ?

Quel dommage que vous ne lisiez pas mon blog ! Il y a quelque temps , je vous avez donné un précieux conseil ; si vous l’aviez suivi, vous auriez évité de susciter une fois de plus l’ire populaire. Mettez-vous bien dans la tête que seule une élite peut comprendre les mots plus ou moins savants qui vous viennent naturellement à la bouche ? Si beaucoup de nos concitoyens se sont sentis offensés de s’entendre traités de Gaulois réfractaires, comment pouvaient-ils savoir ce qu’étaient les Amish ? D’abord je gage qu’une grande partie de nos compatriotes, ignorant les liaisons justifiées ont pensé qu’il s’agissait de Zamiches, soit, vraisemblablement, d’ individus peu recommandables auxquels ils répugnaient à être assimilés.

Hélas, Monsieur le Président, tous les Français n’ont pas été élevés, comme vous, chez les jésuites, ces merveilleux éducateurs. Nous sommes dans un pays où certains agrégés de lettres font des fautes aussi atroces que «  il faudrait que vous le lisassiez » au lieu du correct «  vous le lussiez » ; où d’éminents ministres ne savent plus manier le style indirect, au point de prononcer une phrase aussi horrible que :  «  je ne sais pas qu’est-ce-qu’il faut faire » ; où nombre d’animateurs ignorant également le maniement du style indirect ne savent apparemment pas que le pluriel des adjectifs se terminant en al se termine pour la plupart en aux et parlent sans vergogne de «  bénéfices illégals » et que la majorité de la population prononcent allégrement «  cent zeuros » et  « deux cents Heuros, j’en passe et des bien pires.

Eh oui, Monsieur le Président, vous êtes dans à la tête d’un pays comprenant 2.500.000 illettrés,  d’un pays où une partie de la population ne possède guère plus de trois cents mots de vocabulaire dont la moitié consiste en néologismes douteux comme « meuf », « keuf », « teuf », «  feuge », ou de mots détournés de leur sens primitif comme « bouffons » ou « vénère » et où nos valeureux bacheliers, ayant obtenu leur diplôme au rattrapage, seraient bien incapables de réussir l’examen d’entrée en sixième des années quarante, sans parler du certificat d’études où une orthographe impeccable était de rigueur.

Alors, par pitié, Monsieur le Président, usez désormais d’un langage moins châtié, de préférence trivial, employez des mots accessibles à n’importe quel enfant de sept ans. Toutefois n’hésitez pas à utiliser des expressions pointues appartenant au jargon du football, où des rappers. Cela réunira tous les suffrages et votre popularité montera de plusieurs crans. Vous deviendrez un Président branché, proche du peuple, et vous ferez un tabac aux prochaines élections.

Le français serait-il une langue féministe ?

Bez kategorii

C’est-ce que je me demandai hier en cherchant désespérément un synonyme d’escroc pour qualifier une femme. Mon dictionnaire me donna voleuse, bandit gangster, pirate, aigrefin et malfaiteur. Aucun de ces mots ne convenait. Seul voleur pouvait se mettre au féminin, mais cela ne correspondait pas du tout à mon personnage. Contrairement à leurs collègues masculins les voleuses ne commettent généralement de menus larcins. Elles se contentent de subtiliser des produits de beauté ou des sous-vêtements dans les grands magasins, des petites cuillères dans les salons de thé ou, au pire, deux ou trois billets dans le sac de leur patronne ou un bijou dans sa table de nuit . Vous ne les verrez jamais fracturer une porte d‘entrée avec une pince-monseigneur, dans le but de dérober une machine à laver, un frigidaire ou un home- cinéma qu’ elles seraient bien incapables de transporter. La femme de mon roman ne commettait pas de petits vols minables mais des escroqueries de haute volée. J’allais être contrainte d’employer une périphrase qui gâterait l’élégance de mon texte. C’était fort dommage.

Donc, pour les académiciens, une femme ne peut être ni une bandite, ni une gangstère, pas plus qu’une piratesse, une aigrefine ou une malfaitrice puisque ces mots n’existent pas. Et s’il est acceptable qu’un membre du beau sexe soit une voleuse ou une kleptomane, elle ne peut en aucun cas être une escroque.( Il est cependant à noter que la tsarine Catherine II , qui parlait et écrivait le français mieux que beaucoup de nos concitoyens n’hésitait pas à employer ce substantif.)

Avez-vous remarqué qu’il est impossible de féminiser le mot assassin. Une femme ne peut être qu’une meurtrière, ce qui exclut la préméditation, circonstance aggravante entraînant une peine beaucoup plus lourde allant jusqu’à la peine capitale il n’y a pas si longtemps que cela.

Comme tout cela est troublant ! De plus cela peut-être un vrai casse-tête. Pas plus tard qu’hier, j’écrivais l’avant-dernier chapitre de mes mémoires et tombai en panne, ne trouvant aucun équivalent féminin pour successeur. Je sais bien que seul un homme peut succéder à un Pape. Mais pourquoi diantre une femme intelligente ne pourrait-elle pas succéder à son père, qu’il soit artisan plombier, patron -pêcheur ou président directeur général d’une multinationale, dites-moi ? Sapristi, la reine Elizabeth II a bien succédé à GeorgeVI et Angela Merkel à Gerhard Schröder. Pourquoi serais-je obligée de m’embarquer dans une périphrase au lieu du mot que j’aurais pu employer pour un mâle.

Le français est-il vraiment une langue féministe ? La discussion est ouverte.

 

Déconfinement

Bez kategorii

Chers amis lecteurs, pour une fois, je ne vais pas chercher à vous amuser, mais je vais jouer les Cassandre. Si vous êtes hypocondriaques et si vous n’êtes pas doués d’un solide sens de l’humour, mieux vaut éteindre votre ordinateur et reprendre vos occupations habituelles.

Si vous n’êtes pas comme moi et n’écoutez pas votre radio, de 9 heures du matin à huit heures du soir – moment où je regarde les progrès du coronavirus à la télévision- vous n’avez sans doute pas entendu un communiqué stupéfiant : POUR QUE LE VIRUS S’ARRÊTE, IL FAUDRAIT QUE 70 % DE LA POPULATION SOIT CONTAMINÉE. (  entraînant, si mes supputations sont correctes ,675.000 décès) .

Alors, vous commencez à comprendre l’urgence du déconfinement grâce auquel, si tout se passe bien, dans deux mois au plus tard les Français pourront reprendre leurs habitudes sans contraintes d’aucune sorte, après avoir enterré les morts… vous et moi, peut-être. Sapristi, je vais avoir 88 ans, j’ai atteint ma date de péremption, c’est bien à mon tour de dégager le terrain, non. Seulement, si je n’ai pas vraiment peur de mourir, je préférerais faire un bon petit infarctus, bien rapide, ou mourir en dormant, un jour ou je porte ma chemise de nuit préférée, plutôt qu’intubée, branchée à une douzaine d’appareils après huit ou dix jours d’agonie. Et vous ?

Maintenant je suis sûr que vous savez maintenant où je veux en venir. Eh oui, mes amis, si vous connaissez la nature humaine, et la mentalité des Français, vous avez dû vous rendre compte que si, allez, mettons 70 % de nos compatriotes sont, comme vous et moi, de braves gens, intelligents,   responsables, solidaires, disciplinés et doués d’un grand sens civiques, 30 % sont de parfaits crétins, ne pensant qu’à eux-même, et ne souhaitant que jouir de la vie et d’une liberté totale ( qui s’arrête où commence la liberté des autres, comme vous le savez, alors qu’eux ne veulent pas le savoir) .

Si, comme moi vous écoutez les radio-trottoirs vous devez avoir entendu certaines réponses données par des personnes de moins de trente ans à la question : «  que ferez-vous lundi, premier jour du déconfinement?

– Moi, je prendrai un vrai apéro avec mes copains.

– Je ferai une méga teuf avec tous mes amis.

-J’irai embrasser mes parents et mes frères et sœurs, ils m’ont trop manqué. ( au moins cela part d’un bon sentiment )

– J’irai voir ma copine et on fera l’amour toute la nuit.

– J’irai porter des fleurs à ma grand-mère et je lui ferai plein de bisous ( cela part également d’un bon sentiment.)

Que de beaux projets !!!

Les rues seront envahies à nouveau par des groupes de gens qui s’attarderont longuement à papoter sur les horreurs du confinement. Bien sûr aucun d’eux ne portera de masque.

– Ben, les masques c’est juste obligé dans les transport en commun, alors foutez-nous la paix.

Malheureusement, c’est la pure vérité,

et dans les supermarchés, les endroits les plus dangereux après les transports en commun, les masques ne sont que «  fortement recommandés ». Comme déjà nombre de gens s’en passaient, j’aime mieux vous dire que le coronavirus va croître et se multiplier dans ce terrain de choix où les gens n’hésitent pas à se coller sur vous quand le même article les intéresse. À ma dernière visite j’ai vu un homme – qu’un masque aurait pourtant bien avantagé – venir tousser comme un malade, juste au-dessus des plats tout préparés alors que je m’apprêtais à mettre dans mon caddy des noix de saint-Jacques aux petits-légumes.

Alors, comment cela va-t-il finir, hein ? Eh bien : Mémé copieusement embrassée trépassera du Coronavirus, dont sa petite fille chérie était porteuse, après l’avoir transmis à tout son Ehpad, personnel y compris, causant une véritable hécatombe. Sœurettes et Frérots qui vont retourner en classe après avoir été cajolés par leur aînée, refileront le virus à leurs copains et ce sera le début d’une réaction en chaîne. Et 14 jours après l’apéro et la teuf, une dizaine de jeunes se retrouveront à l’hôpital, les autres contamineront des dizaines de personnes qui en infecteront des centaines, selon une progression exponentielle.

Mais ce n’est pas tout. Même avant l’ouverture des plages, qui ne saurait tarder, nombre de personnes trouveront bien un moyen , frauduleux ou non, pour se ruer dans leurs stations balnéaires préférées même situées bien au-delà des 100 km autorisés. Bien sûr Mémé, Pépé,voire Tonton et Tata, seront du voyage en plus des gosses, du chien. ..et du COVID-19 qui se répandra du nord au sud et de l’est à l’ouest comme une traînée de poudre.

Médecins, infirmiers, brancardiers et autres membres du personnel médical, mes amis, vous n’êtes, hélas, pas près de prendre des vacances si méritées qu’elle soient. Mais peut-être pourrez-vous aller vous dorer au beau soleil de novembre, quand, grâce à cette miraculeuse stratégie le Coronavirus sera finalement éliminé ainsi qu’un important pourcentage de nos concitoyens ( dont j’ai une bonne chance de faire partie).

Les avantages du confinement

Bez kategorii

Croyez que je n’ai nulle envie de faire de l’humour quand je pense aux femmes enfermées avec un mari violent, aux familles vivant dans un minuscule appartement avec une horde d’enfants, sans même un balcon pour prendre l’air et à tellement d’autres cas dramatiques. Mais pour certaines personnes privilégiées, le confinement présente certains avantages.

– Plus question de flâner dans les magasins et, comme c’est mon cas, de revenir avec un caddy plein quand on est juste venu pour acheter un kilo de farine, ou de se laisser tenter par une vitrine et revenir avec deux jupes dont vous n’aviez absolument pas besoin. Cela m’est arrivé pas plus tard qu’en janvier. l’une me grossissait tellement qu’après deux jours j’ai cessé de la porter et je ne pouvais attacher l’autre qu’avec des tenailles. Vous ne pouvez savoir les économies que je fais, et je ne dois pas être la seule.

Les mères de famille n’ont plus à faire halte devant les pâtisseries pour acheter les petits pains au chocolat que les chers enfants réclament à grands cris , et n’ont plus à supporter les caprices dans les supermarchés devant le rayon des jouets ou des confiseries.

– Avant le coronavirus, je recevais entre cinq et dix coups de téléphone entre 9 h et 20h, ce qui pour un écrivain en pleine inspiration est une vraie catastrophe. Et qui d’entre vous n’a pas été dérangé juste comme il ou elle faisait une béchamel, était en train de changer un bébé remuant, ou plus simplement alors qu’ il ou elle était en train de restituer son dû à la nature ?

Actuellement, je n’ai reçu de ces appels intempestifs que deux fois en un mois : de la part de commerçants désespérés de la perte de leurs clients, qui venaient m’offrir leurs services.

– Mais tout cela ne représente que des avantages minimes, comparé à un bienfait énorme : l’absence de visites importunes.

Hélas, si seulement il y avait eu une loi sur le confinement en 1966 quand ma belle-mère, cette redoutable enquiquineuse, a décidé de prendre l’avion pour me rendre visite et faire connaissance avec mes quatre premiers enfants. Quel n’aurait pas été mon soulagement si j’avais pu lui dire hypocritement par téléphone :

– Oh, quel dommage ! Vous n’allez pas pouvoir venir !

Pensez à toutes les malheureuses qui doivent inviter à déjeuner chaque dimanche une belle-mère , voire une mère insupportable  qui apportera des sucreries aux enfants alors que vous prenez si grand soin de leurs dents, qui les poussera à vous désobéir, trouvant que vous êtes bien trop sévère, et pire encore, qui cherchera à semer la zizanie dans votre ménage en prétendant que, vous, Madame que vous ne prenez pas assez soin de son petit trésor, que vous êtes trop dépensière, ou vous, Monsieur, que vous de vous occupez pas suffisamment de sa petite chérie et que vous êtes vraiment trop radin.

Je pense également aux infortunées grands-mères auxquelles on colle ses enfants, souvent insupportables, sous le moindre prétexte alors qu’elles ont élevé à grand peine des familles nombreuses et ont bien gagné le droit de ses reposer, et à celles qui travaillent encore et qui aux week-ends, au lieu de pouvoir se détendre, doivent garder des enfants malades pour que leurs parents puissent profiter un peu de la vie.

La plupart des grands-parents sont heureux de voir leurs petits-enfants, mais beaucoup d’entre eux sont extrêmement soulagés quand ils regagnent leur foyer légal.

Personnellement, c’est le déconfinement qui me fait peur.

Vanitas, Vanitatum

Bez kategorii

C’était au Salon du Livre d’Arzon, le mois dernier que j’ai eu le privilège de rencontrer le parfait archétype du Vaniteux. J’étais restée à mon stand plus longtemps que la plupart de mes collègues écrivains et lorsque je fus orientée vers une des deux salles à manger, il ne restait que trois places. Un homme ni vieux ni jeune ni grand ni petit ni gras ni maigre était assis en un splendide isolement en bout de table avec un vide à sa droite et deux en face de lui. Faute de choix, je m’assis devant lui et je lui adressai un sourire amical tout en lui souhaitant le bonjour. Il ne me répondit pas et ne m’accorda pas un regard mais continua à déguster languissamment son hors d’œuvre, apparemment plongé dans ses pensées. J’en déduisis qu’il devait être en train d’élaborer sa prochaine œuvre, ce qui était tout à fait plausible. Personnellement, c’est ce que je fais quand je me promène seule et que la contemplation du paysage ne suffit pas à me distraire.

Ayant terminé mon entrée et le plat principal tardant à venir, l’envie me prit de converser avec l’un de mes voisins. À ma gauche, une jeune femme était plongée dans une discussion animée avec deux consœurs, aussi me tournai-je vers l’individu en face de moi qui ne m’avait pas encore jeté un regard.

– Qu’écrivez-vous ? lui demandai-je d’un ton neutre. C’était souvent ainsi que les écrivains commençaient une conversation entre collègues. Généralement, l’interlocuteur répondait : «  des romans », «  des policiers », «  de la poésie » ou comme m’avait dit modestement à l’entrée un très charmant et très jeune homme : «  Oh, je gribouille ». Mais la réponse de mon vis à vis me surprit car c’était la première fois que j’entendais une assertion pareille et le plus étonnant était qu’elle fut proférée d’un ton totalement dépourvu d’humour. L’homme était aussi sérieux qu’un évêque lisant un mandement de carême .

– Moi, j’écris de la littérature.

Si j’avais eu un tant soit peu de présence d’esprit, je lui aurais répondu : «  Moi, j’écris de la merde ! » mais cette spirituelle répartie ne me vint que trois heures plus tard. Je me contentai de le considérer d’un air goguenard et lui demandai quelle était sa maison d’édition. Il me toisa avec un certain mépris et m’informa qu’il était édité par Grasset et par le Mercure de France.

– Et la vôtre ? me demanda-t’il distraitement en plantant délicatement sa fourchette dans l’assiette qu’on venait de poser devant lui

– Écrituriales ! répondis-je, mais il ne m’écoutait déjà plus.

Ce passionnant échange en resta là.

Galipettes et politique

Bez kategorii

Je n’ai jamais compris le plaisir qu’éprouvent certaines personnes à filmer leurs galipettes et faire paraître les vidéos sur les réseaux sociaux.

Quand je pense que ces agissements sont parfaitement légaux alors que le pauvre bougre qui ouvre sa vieille gabardine fripée afin d’exhiber Popol et ses misérables bijoux de famille aux usagers des jardins public, encoure une peine d’un an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende qu’il sera bien incapable de payer, j’ai des doutes sur l’équité de la justice

 

Mais, vous, chers lecteurs et amis, si vous aviez de hautes ambitions politiques, comme devenir Ministres, Maire de Lutèce et pourquoi pas Président de la République, et si – c’est une hypothèse de travail – vous aviez une maîtresses, avec laquelle vous tromperiez votre délicieuse épouse, auriez-vous l’idée saugrenue de filmer vos ébats comprenant les positions les plus originales du Kamasoutra et de les mettre sur Instagram ou sur Facebook ? Iriez-vous envoyer des SMS graveleux à votre dulcinée à l’aide de votre téléphone portable ? Bien sûr que non ! Vous êtes beaucoup trop intelligents et trop prévoyants pour commettre un pareil impair. Avouez qu’il faut vraiment être le dernier des connards pour risquer de faire capoter une carrière prometteuse pour vous livrer à des bourdes de cette envergure. De toute façon, si vous étiez assez stupides pour agir de la sorte, il est fort douteux que vous eussiez fait ne serait-ce qu’un bon ministre, même s’il ne s’agissait que du moins astreignant des portefeuilles.

 

Maintenant passons à un autre sujet. Pourquoi dans une époque qui est à l’apogée de la liberté sexuelle, les électeurs exigent -ils que les mœurs de leurs dirigeants soient d’une pureté exceptionnelle. Préfèreraient-ils un imbécile vertueux à un satyre intelligent ? Les motivations des électeurs sont étranges. Apparemment ils se montrent intransigeants sur la fidélité conjugale, sur la vertu irréprochable des candidats à la magistrature suprême et ils ont plébiscité Mitterrand qui menait une double vie et Hollande qui non seulement n’a jamais épousé la mère de ses enfants mais après avoir amené à l’Elysée sa concubine en en faisant «  La Première Dame de France » a trompé honteusement cette malheureuse avec une actrice qu’il n’a pas plus épousée que les deux autres. Le plus bizarre est que maintenant que nous avons un Président à la fois intelligent et d’une moralité à l’abri de tout soupçon, une grande partie de nos concitoyens ne perdent pas une occasion de le vilipender.

À qui se fier ?

Bez kategorii

 

 

Je sais, je suis naïve , mais jusqu’à hier , les médecins étaient, pour moi, comme la femme de César : insoupçonnables. Tout ce qu’ils disaient était parole d’Évangile. Ainsi, lorsque mon praticien de l’époque me mit en garde contre l’excès de cholestérol qui risquait d’entraîner touts sorte d’affections invalidantes, voire létales et m’avertit de bannir désormais le fromage gras, la cervelle, et LES OEUFS , la mort dans l’âme, je me privai pendant TRENTE longues années de ce qui – à part la cervelle – faisait la base de mon alimentation.

De bonnes amies corroborèrent les dires de mon médecin : la grande tante de l’une avait souffert d’artérite à cause de son cholestérol et avait fini par mourir prématurément à l’âge de 85 ans. La cousine d’une autre, qui avait abusé des œufs durs, avait eu un infarctus. Une troisième me conseilla les omelettes au blanc d’œuf, particulièrement inoffensives puisque seul le jaune était dangereux.

J’avais encore quatre enfants à charge et ne pouvais me permettre de mourir avant qu’ils soient devenus autonomes, aussi me privai-je héroïquement de toutes les recettes à base d’œufs, au grand dam de mon porte-monnaie. Je me consolais de mon mieux avec une demi-tarte aux pommes de douze personnes durant mes après-midi solitaires et un petit verre de porto quotidien pour me donner le courage de faire ma cuisine. Je pris plusieurs kilos et finis même à faire une dépression. J’étais bien bête !

Il y a quelques années, l’aréopage des mandarins de la médecines déclara que les œufs n’étaient en rien responsables de l’accumulation du cholestérol dans nos artères et que nous POUVIONS parfaitement manger jusqu’à 6 œufs par semaine ! Toute heureuse, je recommençai à me faire des omelettes et des œufs brouillés, culpabilisant toutefois si j’y mettais DEUX œufs. Quelle imbécile j’étais !

Il y a trois ou quatre jours, mes chers lecteurs, une éminente femme médecin, déclara sur R.T.L que si vous vouliez rayonner de santé, vous DEVIEZ ABSOLUMENT manger DEUX œufs par jour !!! Deux œufs ! c’était même trop. Apparemment, la médecine, comme la météo n’est pas une science exacte.

 

Un autre exemple. Tous les médecins prônent une hygiène rigoureuse et la semaine dernière, mon médecin préféré le docteur Cymès déplorait que seuls 47 % des Français se douchaient tous les jours. Personnellement, je serais incapable de m’habiller sans m’être douchée. Quand j’étais étudiante, vivant dans un misérable taudis, je n’avais pas de salle de bains. Je n’avais pas non plus d’eau chaude, mais j’avais une bassine en métal et je me douchais à l’eau froide à l’aide d’une éponge. Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais avant-hier, sur R.T.L, un dermatologue patenté affirma haut et fort qu’il était DANGEREUX de se doucher tous les jours. Nous DEVIONS impérativement ne nous doucher qu’un jour sur deux . L’idéal était TROIS FOIS PAR SEMAINE. Le reste du temps, il suffisait de faire une toilette de chat à l’aide d’un gant de toilette et surtout ne jamais employer de savon pour le visage et les parties intimes. Pour le reste du corps, Il fallait absolument s’abstenir d’user de savon colorés ou parfumés – ce qui entraînerait des linéaires entiers de grandes surface et ruinerait nombre de petits artisans. QUI CROIRE, chers lecteurs , à qui nous fier  ?

Inutile de dire que je continue à ma doucher tous les jours, au risque de voir ma peau se dessécher, se couvrir d’acné, se craqueler, malgré les menaces de l’éminent dermatologue. À 87 ans, cela fait plusieurs lustres que j’emploie cette méthode, et ma foi, ma peau se porte bien, merci. Un de mes jeunes cousins m’a même dit un jour que j’avais «  la joue baisante »