Galipettes et politique

Bez kategorii

Je n’ai jamais compris le plaisir qu’éprouvent certaines personnes à filmer leurs galipettes et faire paraître les vidéos sur les réseaux sociaux.

Quand je pense que ces agissements sont parfaitement légaux alors que le pauvre bougre qui ouvre sa vieille gabardine fripée afin d’exhiber Popol et ses misérables bijoux de famille aux usagers des jardins public, encoure une peine d’un an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende qu’il sera bien incapable de payer, j’ai des doutes sur l’équité de la justice

 

Mais, vous, chers lecteurs et amis, si vous aviez de hautes ambitions politiques, comme devenir Ministres, Maire de Lutèce et pourquoi pas Président de la République, et si – c’est une hypothèse de travail – vous aviez une maîtresses, avec laquelle vous tromperiez votre délicieuse épouse, auriez-vous l’idée saugrenue de filmer vos ébats comprenant les positions les plus originales du Kamasoutra et de les mettre sur Instagram ou sur Facebook ? Iriez-vous envoyer des SMS graveleux à votre dulcinée à l’aide de votre téléphone portable ? Bien sûr que non ! Vous êtes beaucoup trop intelligents et trop prévoyants pour commettre un pareil impair. Avouez qu’il faut vraiment être le dernier des connards pour risquer de faire capoter une carrière prometteuse pour vous livrer à des bourdes de cette envergure. De toute façon, si vous étiez assez stupides pour agir de la sorte, il est fort douteux que vous eussiez fait ne serait-ce qu’un bon ministre, même s’il ne s’agissait que du moins astreignant des portefeuilles.

 

Maintenant passons à un autre sujet. Pourquoi dans une époque qui est à l’apogée de la liberté sexuelle, les électeurs exigent -ils que les mœurs de leurs dirigeants soient d’une pureté exceptionnelle. Préfèreraient-ils un imbécile vertueux à un satyre intelligent ? Les motivations des électeurs sont étranges. Apparemment ils se montrent intransigeants sur la fidélité conjugale, sur la vertu irréprochable des candidats à la magistrature suprême et ils ont plébiscité Mitterrand qui menait une double vie et Hollande qui non seulement n’a jamais épousé la mère de ses enfants mais après avoir amené à l’Elysée sa concubine en en faisant «  La Première Dame de France » a trompé honteusement cette malheureuse avec une actrice qu’il n’a pas plus épousée que les deux autres. Le plus bizarre est que maintenant que nous avons un Président à la fois intelligent et d’une moralité à l’abri de tout soupçon, une grande partie de nos concitoyens ne perdent pas une occasion de le vilipender.

À qui se fier ?

Bez kategorii

 

 

Je sais, je suis naïve , mais jusqu’à hier , les médecins étaient, pour moi, comme la femme de César : insoupçonnables. Tout ce qu’ils disaient était parole d’Évangile. Ainsi, lorsque mon praticien de l’époque me mit en garde contre l’excès de cholestérol qui risquait d’entraîner touts sorte d’affections invalidantes, voire létales et m’avertit de bannir désormais le fromage gras, la cervelle, et LES OEUFS , la mort dans l’âme, je me privai pendant TRENTE longues années de ce qui – à part la cervelle – faisait la base de mon alimentation.

De bonnes amies corroborèrent les dires de mon médecin : la grande tante de l’une avait souffert d’artérite à cause de son cholestérol et avait fini par mourir prématurément à l’âge de 85 ans. La cousine d’une autre, qui avait abusé des œufs durs, avait eu un infarctus. Une troisième me conseilla les omelettes au blanc d’œuf, particulièrement inoffensives puisque seul le jaune était dangereux.

J’avais encore quatre enfants à charge et ne pouvais me permettre de mourir avant qu’ils soient devenus autonomes, aussi me privai-je héroïquement de toutes les recettes à base d’œufs, au grand dam de mon porte-monnaie. Je me consolais de mon mieux avec une demi-tarte aux pommes de douze personnes durant mes après-midi solitaires et un petit verre de porto quotidien pour me donner le courage de faire ma cuisine. Je pris plusieurs kilos et finis même à faire une dépression. J’étais bien bête !

Il y a quelques années, l’aréopage des mandarins de la médecines déclara que les œufs n’étaient en rien responsables de l’accumulation du cholestérol dans nos artères et que nous POUVIONS parfaitement manger jusqu’à 6 œufs par semaine ! Toute heureuse, je recommençai à me faire des omelettes et des œufs brouillés, culpabilisant toutefois si j’y mettais DEUX œufs. Quelle imbécile j’étais !

Il y a trois ou quatre jours, mes chers lecteurs, une éminente femme médecin, déclara sur R.T.L que si vous vouliez rayonner de santé, vous DEVIEZ ABSOLUMENT manger DEUX œufs par jour !!! Deux œufs ! c’était même trop. Apparemment, la médecine, comme la météo n’est pas une science exacte.

 

Un autre exemple. Tous les médecins prônent une hygiène rigoureuse et la semaine dernière, mon médecin préféré le docteur Cymès déplorait que seuls 47 % des Français se douchaient tous les jours. Personnellement, je serais incapable de m’habiller sans m’être douchée. Quand j’étais étudiante, vivant dans un misérable taudis, je n’avais pas de salle de bains. Je n’avais pas non plus d’eau chaude, mais j’avais une bassine en métal et je me douchais à l’eau froide à l’aide d’une éponge. Eh bien, vous ne me croirez peut-être pas, mais avant-hier, sur R.T.L, un dermatologue patenté affirma haut et fort qu’il était DANGEREUX de se doucher tous les jours. Nous DEVIONS impérativement ne nous doucher qu’un jour sur deux . L’idéal était TROIS FOIS PAR SEMAINE. Le reste du temps, il suffisait de faire une toilette de chat à l’aide d’un gant de toilette et surtout ne jamais employer de savon pour le visage et les parties intimes. Pour le reste du corps, Il fallait absolument s’abstenir d’user de savon colorés ou parfumés – ce qui entraînerait des linéaires entiers de grandes surface et ruinerait nombre de petits artisans. QUI CROIRE, chers lecteurs , à qui nous fier  ?

Inutile de dire que je continue à ma doucher tous les jours, au risque de voir ma peau se dessécher, se couvrir d’acné, se craqueler, malgré les menaces de l’éminent dermatologue. À 87 ans, cela fait plusieurs lustres que j’emploie cette méthode, et ma foi, ma peau se porte bien, merci. Un de mes jeunes cousins m’a même dit un jour que j’avais «  la joue baisante »

Maigrir en mangeant des saucisses

Bez kategorii

Avant-hier en surfant sur Facebook, je suis tombée sur une vidéo qui m’a instantanément accrochée. Que voulez-vous je suis une mangeuse compulsive et comme me le disait gentiment mon mari :

– Tu manges deux cents grammes et tu grossis de deux kilos !

Je vivais dans la terreur de devenir obèse, d’autant que dans ma famille, à commencer par mon père, on détestait les gros. C’est pourquoi, toute ma vie je me suis privée de tout ce que j’aimais : la peau de poulet rôti ruisselante de sauce, le gras de jambon que, n’ayant ni chien ni chat je jetais à la poubelle, la mort dans l’âme, l’épaisse couche de beurre sous la confiture de mes tartines – un quart de mes ancêtres étaient de purs Chtis – la crème Chantilly que j’aurais volontiers mangée à la louche, les pâtes nageant dans le beurre et couvertes de râpé, bref, tout ce que je préférais

Donc, dans cette vidéo qui venait de commencer, un homme disait : qu’il avait perdu six kilos en se goinfrant uniquement de nourriture grasse. Pendant quinze jours, il s’était empiffré de chipolatas, de cassoulet, de foie gras, de lardons, de plats en sauce à la graisse d’oie et en montant sur sa balance, il avait constaté qu’au lieu de grossir il avait maigri .

J’étais au septième ciel : six kilos !!!! c’était exactement ce qu’il me fallait perdre pour retrouver ma taille de guêpe et mon ventre plat. Je détestais le cassoulet, les plats en sauce et les lardons et je n’étais pas folle de foie gras , mais je me promis d’aller immédiatement chez mon boucher pour acheter toute une provision de chipolatas. J’étais prête à ne me nourrir uniquement de saucisses pendant deux bonnes semaines, d’autant que ce régime me ferait faire de sérieuses économies. Fascinée, je restais rivée à mon ordinateur bercée par la voix melliflue de l’homme aux saucisses, remettant à plus tard ma visite à la boucherie. Ah, chers lecteurs , bien m’en a pris ! Je vous livre la suite du discours. J’aurais dû me douter qu’il y avait une faille quelque part.

– :  «  … Je livrai le résultat de mon nouveau régime à ma nutritionniste qui se mit à rire, continua l’homme. « Eh bien,me dit-elle, vous avez eu beaucoup de chance ! Par le plus grand des hasards vous avez dû trouver l’équilibre exact entre les glucides et les lipides et avez atteint par miracle L’ÉTAT DE CITOSE. Cet état qui fait que vous brûlez des graisses au lieu d’en stocker ».

Je dressai l’oreille alarmée, mon euphorie décroissant à mesure que mon avenir de mangeuse de saucisses s’assombrissait. Comment diantre pouvait-on atteindre ce mystérieux état de citose ?

_ Si j’avais continué à ne consommer que du gras en supprimant totalement les glucides, j’aurais bousillé mon foie, bouché mes artères et risqué toute sorte de problèmes cardio-vasculaires, poursuivit l’homme d’un ton débonnaire. Il me fallait atteindre l’état de citose pour continuer à retrouver ma sveltesse de jeune homme…

Je consultai ma montre : 15h.50. Mon émission préférée commençait à 18 heures et au lieu de me donner la façon d’obtenir son foutu état de citose, ce connard blabatait maintenant sur ce qu’il ferait une fois qu’il aurait perdu les vingt-cinq kilos qu’il lui restait à éliminer. J’étais hors de moi.

-Eh oui chers amis, vous devez vous demander par quel miracle vous allez pouvoir recouvrer votre poids idéal, votre ligne qui… bla, bla bla ….

J’aurais eu ce type devant moi, je crois bien qu’à 87 ans j’aurais commis mon premier crime. Je te l’aurais étranglé et coupé en morceau avec mon couteau à pain et aurais porté ses restes à la déchetterie pour les jeter dans la bennes «  déchets divers ». J’éteignis mon ordinateur et allai me régaler d’un bol de Corn Flakes additionnées d’amandes, de noix de cajou et de raisins secs, suivi d’un grand bol de chocolat bien corsé accompagné de trois biscuits bretons, d’une banane et d’une bonne assiettée de compote de pommes.

L’art d’obtenir des avantages déraisonnables

Bez kategorii

Vous avez dû vous rendre compte que je suis d’une naïveté abyssale, cependant je cherche à m’améliorer. Ainsi j’écoute RTL toute la journée et regarde tous les soirs des émissions culturelles comme les informations, « cherche appartement ou maison » ou «  complément d’enquête » Grâce à cette discipline de vie, j’ai beaucoup appris de nos chers Gilets Jaunes ainsi que de nos valeureux cheminots dont je dépends entièrement pour voyager depuis que je suis trop âgée pour conduire. Ayant un reste de jugeote, j’ai réussi à percer les mystères de leurs méthodes et je suis en admiration devant leur système tout en finesse et en subtilité.

Ils veulent davantage d’argent ce qui est absolument normal. Qui souhaiterait toucher MOINS d’argent ? Qui n’aurait pas envie de se régaler de homard comme les invités de Monsieur de Rugy, au lieu d’ouvrir une boîte de maquereaux au vin blanc ou de miettes de thon à l’huile ? Comme ils étaient beaux !!! ( pas les invités, les homards ! J’en ai rêvé pendant huit jours!)

 Mais je m’égare…Nos bons cheminots avaient peur de perdre les avantages qu’ils avaient obtenus ( pas eux, bien sûr, mais les grands-parents de leurs arrière-grands-pères du temps où ces derniers devaient pelleter interminablement du charbon pour remplir les chaudières produisant la vapeur). Encore une fois, quoi de plus normal ? Si vous saviez ce que j’ai ressenti quand un pyromane à mis le feu à ma maison et que j’ai perdu les tableaux et les chaises qui venaient de mes ancêtres ! Que diriez-vous, chers lecteurs si on vous demandait de restituer les cinq mille anciens francs légués par votre tante Gertrude à votre arrière-grand-père, hein ? Et vous, Madame, si le fisc vous menaçait de saisir la ferronnière en or et diamants que votre trisaïeule portait à sa soirée de contrat ?

Ce qui contrarie le plus ces excellentes personnes, est surtout l’ÂGE PIVOT, ( pas l’âge de Bernard Pivot dont on se contrefiche, mais, pour faire simple, l’âge auquel on pourra partir à la retraite avec le maximum syndical ). Évidemment, ces estimables citoyens voudraient bien cesser de travailler le plus tôt possible, comme leurs prédécesseurs, minés par la silicose, qui ayant atteint leur âge pivot, ne tardaient pas à quitter leur petit pavillon acheté sur le tard et leur jardinet jouxtant la voix ferrée, pour le cimetière où leur veuve ne pouvaient pas même leur payer une pierre tombale avant de les rejoindre.

Désormais, à cinquante-deux ans, les conducteurs de TGV sont frais comme l’œil, ils honorent encore leur femme ou leur maîtresse, et pour tromper l’ennui, partent en croisière COSTA en compagnie de trois ou quatre mille autres retraités, et se payent des voyages sous les tropiques au cours desquels ils se font bronzer sur des plages de sable fin et boivent des mojitos ou des punchs planteur au lieu d’attendre soixante-cinq ans pour jouer à la pétanque à Bourg-sous-la Roche ou à Avesnes sur Helpe. Comprenez-les, chers lecteurs ; si vous aviez la possibilité de partir à Bora-Bora ou à Copacabana à cinquante-deux ans, avec une retraite confortable, préféreriez-vous rester à étudier des dossiers en pleine chaleur, dans un open space qui sent la transpiration, sans même avoir la possibilité de vous jeter une petite Vodka-jus d’ orange ou une Corona derrière la cravate  et cela jusqu’à ce que votre prostate commence à vous taquiner? Honnêtement ?

Notons au passage que peu de manifestants savent ce que signifie exactement «  l’âge pivot » Je sais que je suis loin d’être un génie, mais je vous avoue humblement que j’ai dû chercher sur Internet ce que ce terme recouvrait exactement.

Donc tous les mécontents – et en France ils sont légions. Un Français a toujours une raison de se plaindre de quelque chose – tous les mécontents, dis-je, se mettent en grève, cette merveilleuse panacée dont les syndicats raffolent et qui, jusque là, faisait généralement plier patrons, chefs d’État et ministres au bout de quelques jours. Combien de projets de lois ont été remis sine die grâce aux manifestations dont la CGT et autres défenseurs des travailleurs sont les apôtres fervents. Menés par ces vaillants prosélytes, ces Gracchus Babeuf modernes, les  braves gens et les intellectuels de gauche défilent dans les rues en brandissant des oriflammes écarlates aux initiales de leur syndicat, des calicots proclamant leurs revendications , des panneaux de toute taille portant diverses inscriptions. Ils crient, vilipendent leurs oppresseurs, les conspuent , scandent des slogans et créent d’énormes embouteillages.

Rien n’attirant les casseurs comme les rassemblements protestataires, ces derniers arrivent comme des guêpes sur une flaque de miel et commencent à pratiquer leurs activités traditionnelles. Le désordre puis le chaos s’installent au grand dam des promeneurs, des touristes, des commerçants-surtout ceux qui n’ont pas de quoi se payer de rideaux de fer- et des policiers qui n’apprécient pas, et pour cause, le genre d’interventions qu’ils vont devoir pratiquer.

Mais les syndicats, eux, sont heureux du succès de leur initiative. Comme un écrivain qui voit la vente de ses livres crever le plafond, l’acteur qui voit le théâtre se remplir, jour après jour et le chanteur qui se retrouve premier au Top Cinquante, les grands chefs de la CGT, de la CFDT, de la F.O. et autres anges gardiens patentés des travailleurs, exultent et refusent obstinément les offres proposées. S’érigeant en thuriféraires de la grève à outrance, ils renouvellent leurs exhortations, réveillent les plus tièdes, incitent les autres administrations à protester en cessant le travail afin d’obtenir… ils ne savent plus trop quoi. Beaucoup de petits commerçants sont ruinés et licencient leur personnel. Même les plus grandes entreprises sont touchées : les ouvriers et employés, mis au chômage technique, ne peuvent plus rembourser leur deux pièces- cuisine, leur canapé Castodrama, leur aspirateur sans fil ou leur Fiat Panda  d’occasion achetés à tempérament. Les municipalités doivent augmenter les impôts locaux afin de pouvoir réparer les abribus, racheter des bacs à fleurs, repaver les avenues, remettre en état les monuments publics,  et les caisses de l’État se vident lentement mais sûrement au gré des exigences satisfaites.

– Mais , me direz-vous, c’est terrible ! Comment la France va-t-elle se relever ? Notre énorme dette va encore augmenter ! Bientôt l’État ne pourra plus payer nos pensions et nos petits-enfants devront travailler jusqu’à soixante-quinze ans, comme les magistrats dans les années 50. Comment pouvez-vous trouver cela si merveilleux, vous êtes idiote ou quoi ?

– Mais, chers amis, ce que j’admire c’est le Système, tellement astucieux qu’il est imparable. Pourquoi les Français, qui presque tous passent leur temps à rouspéter contre ce qui se passe, soutiennent-ils en majorité nos grévistes , d’après les instituts de sondage ? Parce qu’on a réussi à leur mettre dans la tête que tout est DE LA FAUTE DU GOUVERNEMENT.

C’est si facile de persuader les gens qu’ils devraient gagner plus d’argent ; qu’ils ont tous le droit de manger du homard ( ah, ce homard ! ) de passer des vacances au Fort de Brégançon ou aux Seychelles, et d’aller dîner au Fouquet’s ; que de travailler en dehors des heures de bureau quand on n’est pas infirmier, pompier, policier ou médecin , est inhumain et qu’à moins de gagner 2000 euros par mois on meurt de faim !!! Si vous trouvez que j’exagère écoutez les micro-trottoirs, les interviews de manifestants et des syndicalistes : Après avoir fait la liste plus ou moins longue de leurs revendications , ils concluent invariablement par la phrase pré-citée : cette phrase que des célébrités nationales comme Monsieur M…N ou Monsieur M…Z , sachant, dans leur immense sagacité que la répétition est l’âme de l’enseignement,  rabâchent ad saturandum :

                                                            « C’EST LA FAUTE DU GOUVERNEMENT »

«  Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » …Et ça marche ! Cette stratégie n’est-elle pas admirable ?

Les Français : des parangons méconnus ?

Bez kategorii

Quand je pense que de Gaulle à traité les Français de «  veaux », cela me tourne les sangs. Je pense au contraire que mes compatriotes approchent de très près l’idéal humain.

Le Français aime communiquer avec semblables. Au lieu de garder pour lui ses ennuis, petits et grands, il parle volontiers de ses maladies comme l’arthrose, l’ostéoporose, le diabète, le zona et la maladie de Dupuytren. Par contre il est d’une louable discrétion quant il s’agit de pathologies moins avouables comme la syphilis, voire la cirrhose qui pourrait faire croire à ses interlocuteurs qu’il se désaltère exclusivement au gros rouge.

Le Français est fidèle. S’il a un gros rhume ou un début de grippe, au lieu de rester chez lui il fait l’effort de se rendre tout de même à son club de peur de mettre son partenaire dans l’embarras. Et comme il tient à montrer sa cordialité, il embrasse affectueusement ses amis et serre la main aux autres après avoir pris la précaution de la mettre devant sa bouche lorsqu’il est pris d’une quinte de toux intempestive, comme l’homme bien élevé qu’il est, ou de se moucher grassement afin d’être présentable. Rien n’est plus dégoûtant que de voir quelqu’un la chandelle au nez.

Le Français est généreux. Il aime partager ses microbes avec ses semblables, c’est pourquoi il n’hésite pas à éternuer bruyamment, à éructer et a tousser et à se servir longuement de son mouchoir avant de manipuler ses cartes s’il participe à une partie de Whist.

Le Français est prudent. Si il entend quelqu’un crier «  au secours ! », il n’est pas assez stupide pour risquer d’aller prendre un mauvais coup. D’autre part, il peut s’agir d’une hystérique qui veut attirer l’attention. Comme vous pouvez le constater, le Français est un fin psychologue qui sait distinguer le vrai du faux. D’ailleurs il ne manque pas une occasion d’accroître sa connaissance de la nature humaine : il lit Gala, Ici Paris, Voici, et regarde les émissions culturelles comme les princes de l’amour, l’île de la tentation et Secret Story..

Le Français est d’une candeur désarmante ; c’est peut-être sa qualité la plus attendrissante. Il croit tout ce que disent les journaux, tout ce que propagent les réseaux sociaux. Il écoute les directives de son conseiller financier qui préconise des placements avantageux, et les bobards habilement distillés par les personnalités engagées.

Enfin le Français est curieux de tout . S’il y a un accident sur l’autoroute, il ne manque pas de ralentir afin de contempler un spectacle aussi enrichissant.

Évidemment, je ne parle pas de vous, Monsieur, qui poursuivez votre chemin , comme si de rien n’était afin d’éviter un second accident, et qui vous fiez à votre bon sens plutôt qu’aux sornettes d’un petit employé de banque sans la moindre expérience ; pas non plus de vous, Madame, qui, contrairement à moi, préférez vous ennuyer à périr en attendant de vous faire coiffer, plutôt que de lire Gala ou Voici ; et certainement pas de vous, Mademoiselle qui vous précipiteriez au secours d’un malheureux même s’il appelait à l’aide d’une voix avinée. Bien entendu, je parle du Français en général.

Conseils aux policiers (2)

Bez kategorii

Chers amis policiers,

Je suis certaine que vous avez suivi les conseils que je vous ai donnés il y a quelque mois et que désormais vous ne partez jamais en opération sans vous munir d’une chaîne d’arpenteur afin de mesurer qu’il y ait bien la distance réglementaire entre vous et un délinquant dangereux avant de vous servir de votre taizer. Laissez-moi vous suggérer un mode d’intervention rêvé pour maîtriser un forcené sans le blesser physiquement et même mentalement afin de ne pas avoir affaire à l’IGPN pour faute professionnelle.

Après avoir lu les méthodes d’Edwige Antier pour venir à bout des bébés difficiles, je m’en suis inspirée afin de vous sauver d’une mise à pied éventuelle. Car, voyez-vous, je suis persuadé que les criminels sont des attardés mentaux dont la maturité atteint à peine celle d’un enfant de maternelle. Alors, si vous êtes amenés à vous colleter à un de ces crétins qui cherche à vous nuire, voire à vous tuer, ne les plaquez surtout pas au sol ! Grave erreur, surtout si c’est l’été et qu’il porte un tee-shirt ! Il risquerait de s’égratigner les coudes et cela pourrait vous coûter cher ! ( Réservez cela à votre femme ou à vos enfants- personne n’en saura rien et si vous étiez inquiété vous ne risqueriez pas grand chose ).

Ne soyez pas assez stupide pour le renverser face au sol, même si vous ne parvenez pas à faire autrement pour le maîtriser et éviter les coups qu’il tente de vous porter. Là, mes pauvres amis votre compte serait bon et vous écoperiez non seulement d’une mise à pied mais de plusieurs mois de prison si ce n’est plusieurs années si votre client avalait malencontreusement son chewing-gum de travers et décédait par étouffement , ou mourait d’une crise cardiaque à cause de votre brutalité. Vous pouvez être certain que même dans les endroits les moins fréquentés, il se trouvera un quidam pour filmer la scène et communiquer la vidéo aux réseaux sociaux. Mieux vaut que ce soit vous qui perdiez la vie : après tout, vous êtes payés pour ça , non ? comme diraient les Français politiquement corrects.

Ah, j’oubliais ! Avant de lui passer les menottes , prenez la précaution de lui demander a) s’il est allergique au métal et b)- s’il souffre d’une quelconque affection risquant d’occasionner un accident fatal : arythmie, athérosclérose, fibrillation auriculaire, hypertension ou autres pathologies pouvant provoquer un décès inopiné extrêmement fâcheux pour la suite de votre carrière.

Mais le mieux, mes très chers amis, est encore de recourir aux méthodes débonnaires préconisées par l’excellente Madame Edwige Antier. De la douceur, chers amis, du dialogue, de la tendresse. C’est ce dont ces infortunés ont besoin. Dès que vous apercevez leur rictus menaçants, leurs gestes hostiles, voire une arme pointée sur vous, n’attendez pas; de votre voix la plus melliflue, prononcez ces paroles lénifiantes :

– N’ayez pas peur, nous vous aimons, nous sommes là pour vous aider. Nous ne voulons que votre bien. Nous vous comprenons, nous savons que vous n’avez pas assez d’argent pour acheter la Porsche/ la Ferrari/ la Jaguar / la Peugeot décapotable dont vous rêvez, mais nous vous donnerons les moyens d’y arriver honnêtement.

Même si l’individu n’a pas l’air convaincu immédiatement, n’allez surtout pas ajouter sottement :  » Tu n’as qu’à prendre un billet de loterie, connard ! » ce qui ne ferait qu’aggraver les choses. Continuez à le bercer de douces paroles, à l’assurer de votre profonde affection et de celle de vos collègues, du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux . Rappelez-lui l’indulgence dont cette bonne Madame Taubira a toujours fait preuve envers les malfaiteurs de tout poil. Cela ne pourra que le toucher, et vous verrez qu’il finira par être attendri par tant de gentillesse, par la sympathie qui émane de toute votre personne. Il n’est pas impossible qu’il soit ému au point de verser quelques larmes, et qu’il laisse tomber son revolver ou son couteau pour se moucher. Vous en profiterez alors pour le menotter en douceur et le faire monter tranquillement dans le panier à salade.

 

Barbarismes

Bez kategorii

 

 

 

Chers lecteurs et amis ,

Si vous écoutez la radio autant que moi, vous avez certainement entendu un animateur déclarer qu’une chanson est  » une véritable « Aude » à la joie » , ou qu’un roman est « une « Aude » à l’amour . Bien sûr, cultivé comme vous l’être, vous avez instantanément qu’ils s’agissait d’odes « , non de filles de joie ou de professionnelles de l’amour nommées Aude. Heureusement les  » Audes » de Pindare ne sont pas programmées sur les stations destinées au grand public. Ce poète auteur d’une vingtaine d’odes aurait sa réputation fâcheusement souillée si certains auditeurs pouvaient croire qu’il avait une vingtaine de maîtresses nommées Aude, un nom pourtant peu répandu dans la Grèce antique, ce qui aurait fait de lui un fétichiste doublé d’un obsédé sexuel .

Il est courant de rencontrer des personnes qui vous confient avoir des  » arômes  » dans leur jardin ou que la mariée avait un bouquet « d’arômes »- ce qui ne veut évidemment pas dire qu’elle dégageait des effluves bizarres – Bien que les arums ne sentent absolument rien, la confusion est facile ( fleur donc odeur ). Mais avouez qu' »arum » même prononcé « arôme » est tout de même plus joli que son synonyme  » pied-de-veau », non ?

Il y a aussi la fameuse « côte » des prix qui s’explique aisément vu l’incessante montée du coût de la vie. Mais là n’est pas mon propos, qui est de vous présenter une nouvelle expression qui fait fureur en ce moment. Après s’être « doré la pilule » sur la plage, avoir installé des « hauts-vents  » devant leur caravane et réglé allègrement leur compte aux pluriels en aux, ( Cf :  » les principals inconvénients », les  » graves évènements internationals  »  » les effets spécials) » beaucoup de gens ne mettent plus la main la pâte, mais à la patte.

Passionnée d’étymologie comme je le suis- Pour mes 80 ans j’ai suggéré à mes enfants de m’acheter, à eux cinq, le dictionnaire en trois volumes d’Alain Rey, au lieu d’un nouvel aspirateur -je me suis demandé comment certains individus en sont venus à transformer une expression, pourtant extrêmement facile à décoder, en une locution tellement sibylline que, depuis quelques jours je me perds en hypothèses quant à sa source ; sans qu’aucune ne me satisfasse vraiment. Je vais cependant vous livrer celle qui a le plus retenu mon attention.

Certaines personnes sans doute adeptes d’une secte d’inspiration vaudou, portent une patte de lapin ou de poulet en pendentif , ce grigri étant censé les exonérer des corvées, comme celle d’aider leur compagne dans les travaux ménagers.Alors que celle-ci prépare un repas de fête en maugréant contre son sale macho de mari qui n’en fiche pas une ramée,ce dernier « met la main à la patte » et file regarder un match à la télévision tout en s’envoyant une bière derrière la cravate, le cœur en paix et la conscience pure.

Plutôt tiré par les cheveux, non ? Mais peut-être avez-vous une meilleure idée…

Quand les Gilets Jaunes payent l’I.S.F.

Bez kategorii

L’autre jour j’écoutais sur RTL un reportage sur une manifestation de nos bons gilets jaunes quand j’entendis une jeune femme visiblement très en colère hurler qu’elle « en avait marre de payer des impôts, l‘ISF et je ne sais quoi encore  ». Étant d’un naturel bienveillant, ma première réaction fut de m’apitoyer sur cette malheureuse. En effet l’ISF est un impôt vicelard : non seulement il vous pique de l’argent que vous chérissez, mais il vous oblige à dresser une liste exhaustive de tout vos biens et quand je dis tous vos biens, c’est exactement tout ce que vous possédez, de votre logement à votre chat Persan en passant par votre compte en banque, vos titres, vos bijoux et les meubles hérités de votre grand-mère que vos enfants trouvent si moches mais que vous tenez à garder. Y a-t-il un vieux clou dont personne ne se sert plus dans votre garage? Vous devez l’ajouter sur la liste. Vous avez acheté un tableau dans un vide-grenier, même s’il n’est pas signé, vous devez le déclarer, on ne sait jamais , cela peut être une première ébauche de Picasso ou du Facteur Cheval.

– Mais, me direz-vous fort pertinemment, comment un simple percepteur pourra-t-il reconnaître un Picasso d’un barbouilleur du Dimanche . Si les fonctionnaires du fisc étaient diplômés de l’École du Louvre ils feraient certainement un autre métier !

– Certes, certes, m’esclaffé-je, mais il vous appartient de faire estimer vos biens par un organisme compétent. Vous devez envoyer au Centre des Impôts la liste de vos possessions, entièrement chiffrée et estimée à sa juste valeur. Si votre inspecteur est quelque peu soupçonneux il appelle aussitôt un expert assermenté et si vous avez triché vous êtes bon pour une amende salée. C’est pourquoi, poursuivis-je in petto , je plains cette pauvre jeune personne astreinte à une pareille corvée.

Cependant après réflexion je me demandai si elle était bien raisonnable de se plaindre d’être trop riche . Pourquoi ne donnait-elle pas le surplus de sa fortune afin d’être tranquille une bonne fois pour toutes. Avec la pléthore d’appels aux dons que nous recevons chaque jour, il doit être relativement facile de se délester de son trop-plein d’argent . En méditant un peu plus sur son cas je m’étonnais que nos braves gilets jaunes accueillent dans leur sein une personne se plaignant à haute et intelligible voix d’être assujettie à l’impôt sur les grandes fortunes.

Je m’étais tellement investie dans le cas de cette malheureuse que j’aurais fort mal dormi cette nuit là si je ne m’étais dit que peut- être …eh oui, peut-être ignorait-elle ce qu’était l’ISF et l’avait-elle tout bêtement confondu avec un autre sigle qu’elle ne connaissait pas davantage comme CSG, TSE, SPL… ou, pourquoi pas T.S.F.

Mais peut-être, comme beaucoup de ses co-manifestants disait-elle tout simplement n’importe quoi.

Les Français selon la pub

Bez kategorii, publicité

L’image que nos chers publicitaires donnent de nos concitoyens n’est pas vraiment flatteuse et je me demande ce que les étrangers pensent de nous, si toutefois ils sont bilingues et assez dégoûté de leurs propres émissions pour écouter ou regarder les nôtres.

Commençons par les vieux*, c’est à dire les plus de soixante ans. Tout le monde sait qu’à partir de cet âge canonique, les gens ont perdu toutes leurs dents, ne peuvent marcher qu’avec un déambulateur , zozotent en parlant et sont devenus tellement stupides que leur petits- enfants leur font la leçon avec une déconcertante maestria dès quatre ou cinq ans.

– Mamy, tu as une DMLA, il faut que tu ailles chez le « médecin des yeux » ( Cela s’appelle un ophtalmologue, petite dinde !).

Soit dit en passant, les enfants ne sont pas toujours bien traités. Dans l’ensemble, ils sont craquants, infiniment plus intelligents que leurs parents, mais ils sont gourmands et sautent sur toutes les sucreries offertes sur les linéaires presque illimités des supermarchés. Il y a aussi de petites pécores auxquelles je prendrais plaisir à envoyer une calotte, comme la petite blonde qui refuse avec un sourire vicieux de donner son Kinder-Surprise au gentil journaliste qui l’interviewe.

Quant aux femmes, elles on beau être follement sexy avec des Pampers , d’une élégance inégalable avec leurs si jolies culottes anti-fuites-urinaires, elles sont généralement d’une inconcevable bêtise. Je donnerai la palme à la mère de famille qui accueille avec ravissement la nouvelle que son imbécile de mari a acheté plusieurs kilos de bonbons en promotion.

– C’est Juliette et Thibaud qui vont être contents, bêle-t-elle stupidement.

Juliette et Thibaud seront peut-être moins ravis quand on les traînera tous les mois pendant plusieurs années chez le dentiste pour soigner leurs caries ou carrément se faire arracher leurs dents pourries.

les femmes sont aussi terriblement dépensières et doivent toutes finir fichées à la Banque de France. À peine entendent-t-elles parler d’une réclame qu’elles se précipitent en direction de la boutique où le garage en question pour acheter le produit vanté, qu’il s’agisse de trois kilos de clémentines, d’une paire de chaussures de grande marque ou d’une BMW haut de gamme avec tous les accessoires. Elles n’hésitent pas à laisser en plan leur malheureux coiffeur qui leur avait déjà enfilé l’espèce de cape blanche traditionnelle, voire l’amoureux qui s’imaginait l’affaire conclue ( la garce !) . Si elles sont d ans la salle de travail, prêtes à accoucher, après un coup d’œil vicelard à l’obstétricien qui vient de leur donner l’information ( de quoi je me mêle ? )elles envoient leur mari à leur place alors que le pauvre homme s’est levé aux aurores pour les accompagner à la clinique !

Remarquez, les hommes en prennent aussi pour leur grade. Il y a bien sûr l’imbécile aux quinze kilos de bonbons, mais il y a le vieux connard qui se méfie des banques ( on se demande pourquoi !!!) et rabroue sans arrêt ses enfants et petits-enfants au risque de gravement les traumatiser, parce qu’ils font confiance à la B.N.P … ou au C.I.C. . Mais depuis quelque temps, la palme revient au crétin qui confondant un taux de remise avec la température , cherche ses vêtements les plus chauds et surtout sa chapka, croyant qu’il va faire moins 20 alors qu’il s’agit de moins 20 0/0 sur je ne sais quel véhicule. Quel CON !!!!

* Ayant 87 ans, je n’en fait même plus partie, je devrais être morte car depuis 10 ans je n’intéresse plus les publicitaires. Pensez-vous !!! je ne peux plus tomber amoureuse et je ne peux même plus lire Tintin.

Requiescam in pace !

Pour la retraite à cinquante ans

Bez kategorii

J’ai peut-être 87 ans , mais je suis d’un étonnant modernisme, aussi je tiens à soutenir tout ceux qui luttent contre la retraite après soixante ans. J’irai même beaucoup plus loin : moi, je préconise la retraite à cinquante ans.
À cinquante ans, on est encore dans la force de l’âge, et il est encore possible de jouir de la vie , que diantre ! On peut profiter de sa jeunesse prolongée pour voyager, apprendre à lire, passer son Bac, voire faire des enfants, tandis qu’ après soixante ans, d’après les publicitaires, on marche avec un déambulateur, on zozote en parlant , on perd son dentier si on ne l’attache pas avec Gripdent et il est presque trop tard pour souscrire un contrat d’obsèques.
Certaines administrations l’ont bien compris ; ainsi la S.N.C.F. est pour moi un magnifique exemple : le personnel roulant comme les conducteurs de train peuvent partir à 50 ans chez les plus vieux, et à 52 ans (les pauvres!) pour ceux qui ont actuellement moins de 48 ans- ce qui n’est pas très juste, les jeunes, de par leur éducation, étant beaucoup moins résistants que les seniors. Cependant les « agents sédentaires », moins favorisés, ne peuvent se mettre au vert qu’entre 55 et 57 ans. Pourtant tout le monde sait combien il peut être fatigant de rester cloué devant un guichet, pendant quelquefois trois heures d’affilée,* pour répondre aux questions de clients impatients, exigeants et parfois agressifs, qui souvent ne disent même pas bonjour. Comment, ces malheureux peuvent-ils ne pas envier ceux qui exercent leur profession au grand air au lieu d’être dans une pièce souvent sinistre, glaciale ou surchauffée…
Je suis un peu perplexe quand je pense à mon grand-père maternel, directeur d’ un Grand Magasin employant une bonne soixantaine de personnes, qui a pris sa retraite, à regret, à 82 ans ! Il travaillait plus de huit heures par jour, six jours sur sept, ne prenait pas de vacances et , détestant les voitures, se rendait au magasin à bicyclette. Comme je vous l’ai dit : les vieux étaient vraiment beaucoup plus résistants. Mon grand-père est mort, aveugle, huit ans plus tard, à 90 ans. Personnellement, ayant arrêté 23 ans pour élever mes cinq enfants, j’ai dû travailler jusqu’à soixante-quatre ans, à quarante-kilomètres de chez moi, mais je suis une enfant de la guerre et je suis insomniaque, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Donc j’y suis arrivée sans trop de problèmes. Mon mari qui était magistrat a pris sa retraite à soixante- cinq ans comme tous ses collègues mais il a pu profiter de la vie pendant dix-huit ans. Cependant, jusque dans les années cinquante, les magistrats ne cessaient leurs activités qu’à soixante-quinze ans. Certains décédaient dans l’année, ce qui constituait une économie pour l’État, mais n’était pas gai pour leurs veuves, d’autant qu’à l’époque, ils ne gagnaient pas grand chose étant censés avoir une fortune personnelle, et les retraites de réversion ne permettaient pas de faire des folies.
La génération actuelle est plus fragile, donc nos jeunes ne supporteraient pas de voir gâcher leurs plus belles années – celles où, en principe, les enfants ont quitté la maison – derrière un guichet, devant un bureau, ou déambulant sur un quai de gare plein de courants d’air, un sifflet à la bouche et un drapeau à la main.
Donc vive la retraite à cinquante ans pour tout le monde, tant qu’il restera de l’argent dans les caisses de l’État. Après, ce sera sans doute le déluge, mais je ne serai plus là pour y assister.

* L’autre jour, alors que j’attendais pour me faire rembourser mes billets, une personne est restée une heure entière à tourmenter un malheureux employé. Sans doute se rendait-elle en Mongolie extérieure en passant par Athènes, Cracovie, Irkoust et Vladivostok.