La Fontaine et l’ écriture inclusive

Bez kategorii

Chers poètes.ses, vous qui vivez de votre plume, je crains que vous ne deviez bientôt vous inscrire à Pôle Emploi. En effet comment pourrez vous parvenir à trousser un poème acceptable si vous devez respecter les nouvelles directives imposées par nos valeureuses têtes pensantes. Imaginez l’infortuné la Fontaine s’il avait été contraint d’utiliser l’écriture inclusive. Laissez-moi vous montrer un aperçu de ce que cela aurait donné.

Maître.sse Corbeau. neille sur un arbre perché.e

tenait dans son bec un fromage.

Maître.sse Renard.e par l’odeur alléché.e

lui tint à peu près ce langage :

«  Eh, bonjour Monsieur.adame du. de la Corbeau. neille !

Que vous êtes joli.e ! Que vous me semblez beau.lle !

Sans mentir si votre ramage

est égal à votre plumage,

Vous êtes le.a phénix. cette des hôtes.ses de ces bois.

À ces mots le .a corbeau. neille ne se sent plus de joie,

Il.elle ouvre un large bec, et laisse tomber sa proie.

Le.a renard.e s’en saisit et dit : «  Mon.a bon.ne Monsieur. Dame

Apprenez que tout.e flatteur.se,

Vit au dépens de celui.lle qui l’écoute ! Etc, Etc…

N’est-ce pas joli ? Quelle légèreté de style ! Quelle beauté du mètre ! s’exclameront les tenants du politiquement correct. Soyons modernes , que diantre !

Amis acteurs, rafraîchissez vos textes.

« À moi, comte.sse, deux mots »

«  Et il sortit de scène comme un.e vieillard.e en sort. »

« Je suis Romain.e hélas puisqu’Horace.tte est Romain.e »

Chers lecteurs.trices, je vous laisse juges.ses (?)

Adoptez donc un ours !

Bez kategorii

Chers lecteurs octogénaires, vous qui hésitez à adopter un chat ou un chien afin d’adoucir votre solitude, je vous suggère une troisième solution qui, j’en suis persuadée, vous satisfera pleinement : achetez un ours en peluche.

Attention , n’allez pas vous précipiter dans un bazar ou une grande surface pour y choisir un ours en provenance de Chine , aussi dur qu’une poire pas mûre, raide comme un manche à balai, et aussi agréable à caresser qu’un paillasson. Rendez-vous dans un magasin spécialisé et achetez ou, mieux encore, faites-vous offrir un ours de qualité, fabriqué amoureusement à la main en France  par une seule personne, au lieu de sortir d’une chaîne de montage : une peluche plus douce que du velours, plus souple qu’un contorsionniste, qui se pliera à tous vos caprices, qui partagera votre couche, si cela vous chante, et que vous pourrez cajoler, serrer contre vous et embrasser autant que vous le souhaitez.

Cette solution vous apportera nombre d’avantages collatéraux. Votre petit compagnon n’aura jamais faim. Vous n’aurez pas à lui acheter de croquettes qu’il répandra dans la cuisine et que vous devrez balayer si vous ne voulez pas que votre carrelage ressemble au sol d’un poulailler. Vous pourrez laisser de la nourriture sur la table : il ne dévorera pas la meilleure partie d’un poulet cru, comme l’a fait un jour Toupie, feue ma petite chatte.

Vous n’aurez pas besoin de placer une litière aussi malodorante qu’inesthétique dans votre appartement afin que Minet puisse faire ses besoins, et que vous devrez vider et nettoyer quotidiennement. Et si vous optez pour un chien, vous n’aurez pas à promener Azor matin et soir afin qu’il se soulage dans le caniveau au lieu de se satisfaire la nature sur votre canapé ou sur vos géraniums. Imaginez-vous tirant désespérément sur sa laisse si, comme moi, vous marchez avec une canne, ou pire encore si vous ne vous déplacez qu’avec un déambulateur.

Et si vous tombez malade dites-moi ! Croyez-vous que Minet ouvrira votre réfrigérateur pour y trouver de quoi manger, ou ira s’acheter un sandwich à la charcuterie du coin, qu’Azor ouvrira la porte d’entrée et la refermera avant d’aller déposer ses crottes sur le trottoir ? Bali Baloo ( mon ours*), lui, restera tranquillement sur mon lit pour me tenir compagnie sans émettre le moindre miaulement , ni le moindre aboiement pour exprimer son mécontentement et me reprocher de le négliger. Pour peu que votre voisine soir une garce peut-être alertera-t-elle la SPA qui vous fera un mauvais procès quand vos animaux affamés se mettrons à hurler à la mort.

J’ai un peu honte d’avouer que Bali Baloo dort avec moi. Quand je me sens particulièrement déprimée, je le serre contre moi de toutes mes forces, ce que mon Bali Baloo supporte stoïquement. Je ne vous conseille pas d’en faire autant avec Azor ou Minet : ils n’apprécieraient pas du tout cette étreinte quasi-létale et vous le feraient savoir sans tarder. Minet miaulerait désespérément et, sentant l’air lui manquer, sortirait ses griffes afin de lacérer la peau tendre de votre poitrine ou votre chemise de nuit en pilou neuve, tout en réveillant l’immeuble par ses miaulements. Azor donnerait également de la voix, mais il ne tarderait pas à vous mordre, si bien que vos cris, joints à ses aboiements alerteraient tout le quartier provoquant l’irruption de la maréchaussée.

Bien sûr, un ours en peluche, ne vous dira pas les mots tendres qui vous réconforteraient, il ne vous prendra pas spontanément dans ses bras (ses pattes ), et il ne vous apportera pas la bonne tasse de chocolat qui vous ferait tellement plaisir mais que vous n’avez ni la force, ni le courage de préparer, mais je suis certaine que vous êtes encore assez lucides pour ne pas attendre de telles attentions de la part d’un chat ou d’un chien . Comme dirait Bigeard : « après tout,  ce ne sont que des bêtes » … Et si d’aventure un cambrioleur parvenait à pénétrer chez moi, ce n’est pas Bali Baloo qui me défendrait. Mais votre chat ne serait pas plus efficace. Comme je suppose qu’à votre âge vous n’irez pas choisir un berger allemand, un pitbull ou un rottweiler, ne comptez pas sur votre chihuahua ou votre caniche nain pour terrifier les malfrats.

Avez-vous pensé à ce que coûtent les interventions des vétérinaires ? Car, il arrive que les animaux de compagnie tombent malades, qu’ils peuvent, comme les humains souffrir de maux plus ou moins graves. Comme nous, il vieillissent, ils ont de l’emphysème, de l’arthrose, sont atteints de cardiopathies invalidantes… et, comme nous, finissent par passer de vie à trépas.

Peut-être, le plus grand avantage des ours en peluche est d’être immortels. Non seulement vous n’aurez pas à pleurer votre petit compagnon s’il disparaît avant vous. Et vous n’aurez pas à vous ronger les sangs en vous demandant ce que deviendra Médor à votre décès. Je suis sûre qu’à ma mort un de mes arrière-petits-enfants sera trop content d’hériter de Bali Baloo.

Alors, mes chers contemporains, j’espère vous avoir aidés à faire le bon choix.

* Hommage à Julien Courbet dont les variations musicales sur Bali Baloo me réjouissent chaque matin

Nouvelles alarmantes

Bez kategorii

Un ami vient de m’envoyer un article sur la prolifération angoissante des algues vertes toxiques en Bretagne sud où je demeure. Ce document aussi long que verbeux, rédigé dans un jargon scientifique destiné à impressionner les lecteurs, comprend une pléthore de mots latins impossibles à retenir. Je n’ai rien contre ce genre de papier, bien qu’honnêtement ce ne soit pas ma lecture favorite, mais ce qui m’a fortement déplu a été la conclusion libellée en caractères gras et encadrée de rouge, de façon à attirer plus sûrement l’attention des lecteurs :

Faites un don !

Pourquoi diantre irais-je refiler de l’argent à un inconnu qui vient me gâcher ma journée en me signalant un nouveau fléau, comme si nous n’en avions pas assez avec le Covid, l’insécurité, une éventuelle panne générale d’électricité et l’augmentation de presque tous les tarifs.

Le plus beau c’est que l’auteur de cet article se proclame le pourfendeur des «  fake news »! Je ne prétends certes pas qu’il nous raconte des carabistouilles : ce qu’il affirme est parfaitement authentique et cela fait plus de dix ans que j’entends parler de cette calamité ; mais sapristi que cherche cet homme en plus de nos offrandes ? Ne tenterait-il pas de nous effrayer ? … exactement comme le font les propagateurs de fausses nouvelles*.

*Non content d’user et d’abuser du latin l’auteur n’hésite pas à employer des anglicismes alors que l’équivalent français est parfait dans sa concision.

Lettre aux citoyens de plus de 75 ans

Bez kategorii

Je viens de lire l’article concernant le processus de la vaccination et les formalités nécessaires qui lui sont inhérentes. J’ai 88 ans , j’ai fait des études supérieures, je suis encore en possession de mes facultés mentales et pourtant, étant seule et ne conduisant plus, les diverses démarches me semblent absolument insurmontables. J’habite un village côtier où il n’y aura aucun centre de vaccination . Comment m’y rendrai-je ? Où obtiendrai-je le questionnaire ? Comment le remplirai-je : je ne me souviens-plus de la date à laquelle je me suis fait vacciner de la grippe et peut-être ai-je eu le covid : à mon âge à part la fièvre, j’en ai eu tous les symptômes, les uns après les autres. Et s’il est aussi difficile d’avoir des responsables au téléphone que ce l’est pour obtenir un rendez-vous chez mon nouveau médecin, je ne parviendrai jamais à joindre le centre adéquat.

Cependant quelque chose me travaille. Ces obstacles ne seraient-ils pas voulus. Ne chercherait-on pas à dissuader mes contemporains de se faire immuniser, vu l’insuffisance patente des vaccins salvateurs ? Le doute s’insinue en moi comme un venin. Serait-ce possible que Monsieur Véran, ce sympathique ministre n’ose pas publier la lettre qu’il concocte peut-être dans son cerveau pendant ses insomnies ?

« Chers seniors, nous n’avons pas assez de vaccins pour satisfaire tout le monde, alors mettez-vous en tête que vous faire vacciner ne va pas être de la tarte. À votre place, j’y renoncerais … surtout pour ce qu’il vous reste à vivre. De plus vous coûtez cher à la Sécu et vous êtes parfaitement  inutiles à la société. Ce serait vraiment dommage de gâcher tous ces bons vaccins pour des gens qui ne servent plus à rien et dont beaucoup n’ont même pas envie de vivre. Restez donc chez vous tranquillement. Regardez la télévision ou écoutez la radio si vous ne voyez plus clair. Ne soyez pas égoïstes . Pensez à ceux qui ont encore de belles années à jouir de la vie. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de vous dire la vérité sans fard et croyez que nous pensons à nos anciens et que nous les aimons et les vénérons! « 

Je suppose que j’exagère la crudité de ces propos, mais évidemment Monsieur Véran, comme la plupart d’entre nous se garde, par délicatesse de toujours livrer le fond de sa pensée . Si vous saviez les horreurs concernant mes concitoyens, qui me passent par la tête parfois, vous seriez scandalisés. Monsieur Véran est un homme trop courtois pour publier dans le journal officiel que mes contemporains et moi ne servons plus à rien et que nous coûtons cher à la société. Il a donc préféré la solution raisonnable qui était juste de nous décourager. Peut-être était-ce la décision la plus sage.

Un beau cadeau

Bez kategorii

Cher Monsieur M…..r,

Laissez-moi vous remercier au nom de tous les enfants et adolescents de France du merveilleux cadeau dont vous allez les gratifier . Quelle générosité, quelle abnégation ! Car je suppose que vu les monstrueuses dépenses auxquelles doit faire face actuellement le Trésor Public, vous allez payer les frais de publication de vos propres deniers. C’est tout bonnement in-croy-able !

Je vois d’ici la joie de tous les jeunes qui, pour parler vulgairement, vont s’en payer une bonne tranche en parcourant cette anthologie, certainement d’un goût aussi exquis que les productions de feu le professeur Choron. Avantage collatéral, cela va leur donner des idées pour brocarder leurs professeurs, la police, les lois de la République, les ministres, les politiques – Hélas ! Cet âge est sans pitié – et bien sûr le Gouvernement responsable de tout ce qui nous arrive, du coronavirus à la météo.

J’espère que vous n’oublierez pas de distribuer ce charmant volume dans les écoles privées. Pensez au bonheur des parents en voyant leur religion ridiculisée.

Fan de caricatures comme vous l’êtes, vous devez adorer qu’on se gausse de votre personne. Aussi ai-je une merveilleuse idée pour la couverture de cet ouvrage. Pourquoi pas vous représenter sur un vaste pot de chambre, en train de restituer à la nature ce que vous avez payé très cher dans votre restaurant étoilé favori. Ce serait charmant, agrémenté d’un rouleau de papier hygiénique rose sur un petit tabouret en compagnie d’un flacon d’Air-Wick , et d’une jolie balayette. Ce ne serait pas de très bon goût, mais je suis certaine que cela vous plairait.

Une formulation appropriée

Bez kategorii

Quand les technocrates qui formulent les slogans gouvernementaux concernant le coronavirus comprendront-ils que beaucoup de jeunes de banlieue défavorisées ne comprennent qu’un vocabulaire de base ? Parmi ceux dont les parents sont illettrés, voire analphabètes, les Français de souche disposant, au mieux , d’un vocabulaire de 400 mots et, au pire, de 250 parlent plus couramment argot, les Français d’origine maghrébine ou africaine, qui n’en ont pas davantage parlent arabe, wolof, mooré, diula, swahili, kicongo ou autres dialectes lorsqu’ils sont entre eux. Quant aux immigrés de fraîche date et aux clandestins qui ne maîtrisent pas encore notre langue ils s’expriment le plus souvent dans leur langue maternelle : roumain , russe, afghan, tchétchène, turc, hindi ou autres idiomes incompréhensibles, lorsqu’on n’est pas polyglotte comme Monsieur Claude Hagège.

Dans le temps, les personnes de tout milieu social ayant obtenu leur certificat d’étude en savaient beaucoup plus que certains étudiants de première année et pouvaient écrire et parler un français correct. Ce n’est fichtre pas le cas actuellement ou même certains animateurs de radio ou de télévision font parfois des fautes de grammaire et de prononciation effarantes.

Alors, Messieurs les Technocrates, essayez d’utiliser un français adapté à tous. Pourquoi ne pas dire tout bêtement : «  Portez un MASQUE, Lavez-vous souvent les mains et ne vous collez pas les uns contre les autres » au lieu de recommander benoîtement d’ « observer les gestes-barrières. » qui n’évoque absolument rien pour certaines personnes défavorisées.

Imaginez que vous venez d’arriver en Corée du Nord et qu’on vous menace dans la langue vernaculaire de vous mettre en prison si vous n’observez pas les jangobyeong jeseucheo, au lieu de vous dire crûment en mauvais franglais :  «  Puttez une mâsk sur vos figures , si pas, prison !» phrase que vous comprendriez parfaitement ! Je peux vous assurer que vous vous mettriez dans un effroyable pétrin si, comme moi vous ne parliez pas un traître mot de coréen.

Les Français sont plus indulgents. Ils ont même peur d’effrayer leurs concitoyens et surtout leurs clients. J’habite un bourg côtier fort prisé par les touristes. Au début du confinement mon supermarché avait apposé à l’entrée une affiche très visible où on pouvait lire en grosses lettres :

MASQUE OBLIGATOIRE

Quand les estivants arrivèrent, cette affiche comminatoire fit place à une feuille de 21×29,7 avec une phrase moins susceptible de choquer les vacanciers par son exigence et sa brutalité :

Masque fortement recommandé

ET SI TRUMP NOUS TRUMPAIT ?

Bez kategorii



La psychologie m’a toujours passionnée. Les caractères tordus m’intéressant particulièrement, il est normal que le cas Trump ait piqué ma curiosité.
Ne trouvez-vous pas bizarre que ce brave président sorte de l’hôpital frais comme l’œil au bout d’une petite semaine après avoir souffert du covid-19. Miraculeux non ? Sapristi, il avait tout ce qu’il fallait pour y rester ! Il avait bien plus de 65 ans, était obèse et qui sait s’il ne souffrait pas de diabète gras.
D’après tous les témoignages, les gens atteints de cette terrible maladie, s’ils n’en meurent pas, se sentent patraques pendant plusieurs semaines. Ils se traînent comme des zombies, le regard terne, et la mine morose. Je n’en ai vu aucun jeter son masque d’un air jovial en franchissant le seuil de l’hôpital. Alors, comment expliquer le rétablissement éclair de Monsieur Trump, alors que, selon toutes probabilités il devrait être six pieds sous terre dans un cercueil d’acajou capitonné.
Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que ce brave homme n’a pas eu le covid-19, et que sa soi-disant maladie n’était qu’un coup monté, relativement subtil. Eh oui, chers amis lecteurs.
Trump a voulu nous démontrer qu’il avait raison en affirmant que le covid-19 n’était , comme il nous l’avait proclamé maintes et maintes fois, n’était qu’une méchante grippe, que les milliers de morts n’étaient que des mauviettes alors que lui, son Excellence Donald Trump s’en était sorti avec panache grâce à sa virilité et à son charisme de chef. Et son gracieux jeté de masque était symbolique de l’inutilité de ce préservatif dont il n’avait cessé de se gausser.
Mais, me direz-vous, ses traits tirés, ses cheveux ternes , les petite mèches blanches au-dessus des oreilles ? Voyons, rien de plus facile. Il lui suffisait de se passer de maquillage et de ne pas se faire teindre les cheveux pendant huit jours. Vous n’imaginez pas qu’à soixante-quinze ans il a gardé son teint de jouvenceau et son opulente chevelure blond roux. Tout cela n’est qu’artifice, et même, je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’il porte une moumoute.
Mais peut-être est-ce moi qui me trumpe…

Lisez mes articles, Monsieur le Président !

Bez kategorii

Cher Monsieur le Président ?

Quel dommage que vous ne lisiez pas mon blog ! Il y a quelque temps , je vous avez donné un précieux conseil ; si vous l’aviez suivi, vous auriez évité de susciter une fois de plus l’ire populaire. Mettez-vous bien dans la tête que seule une élite peut comprendre les mots plus ou moins savants qui vous viennent naturellement à la bouche ? Si beaucoup de nos concitoyens se sont sentis offensés de s’entendre traités de Gaulois réfractaires, comment pouvaient-ils savoir ce qu’étaient les Amish ? D’abord je gage qu’une grande partie de nos compatriotes, ignorant les liaisons justifiées ont pensé qu’il s’agissait de Zamiches, soit, vraisemblablement, d’ individus peu recommandables auxquels ils répugnaient à être assimilés.

Hélas, Monsieur le Président, tous les Français n’ont pas été élevés, comme vous, chez les jésuites, ces merveilleux éducateurs. Nous sommes dans un pays où certains agrégés de lettres font des fautes aussi atroces que «  il faudrait que vous le lisassiez » au lieu du correct «  vous le lussiez » ; où d’éminents ministres ne savent plus manier le style indirect, au point de prononcer une phrase aussi horrible que :  «  je ne sais pas qu’est-ce-qu’il faut faire » ; où nombre d’animateurs ignorant également le maniement du style indirect ne savent apparemment pas que le pluriel des adjectifs se terminant en al se termine pour la plupart en aux et parlent sans vergogne de «  bénéfices illégals » et que la majorité de la population prononcent allégrement «  cent zeuros » et  « deux cents Heuros, j’en passe et des bien pires.

Eh oui, Monsieur le Président, vous êtes dans à la tête d’un pays comprenant 2.500.000 illettrés,  d’un pays où une partie de la population ne possède guère plus de trois cents mots de vocabulaire dont la moitié consiste en néologismes douteux comme « meuf », « keuf », « teuf », «  feuge », ou de mots détournés de leur sens primitif comme « bouffons » ou « vénère » et où nos valeureux bacheliers, ayant obtenu leur diplôme au rattrapage, seraient bien incapables de réussir l’examen d’entrée en sixième des années quarante, sans parler du certificat d’études où une orthographe impeccable était de rigueur.

Alors, par pitié, Monsieur le Président, usez désormais d’un langage moins châtié, de préférence trivial, employez des mots accessibles à n’importe quel enfant de sept ans. Toutefois n’hésitez pas à utiliser des expressions pointues appartenant au jargon du football, où des rappers. Cela réunira tous les suffrages et votre popularité montera de plusieurs crans. Vous deviendrez un Président branché, proche du peuple, et vous ferez un tabac aux prochaines élections.

Le français serait-il une langue féministe ?

Bez kategorii

C’est-ce que je me demandai hier en cherchant désespérément un synonyme d’escroc pour qualifier une femme. Mon dictionnaire me donna voleuse, bandit gangster, pirate, aigrefin et malfaiteur. Aucun de ces mots ne convenait. Seul voleur pouvait se mettre au féminin, mais cela ne correspondait pas du tout à mon personnage. Contrairement à leurs collègues masculins les voleuses ne commettent généralement de menus larcins. Elles se contentent de subtiliser des produits de beauté ou des sous-vêtements dans les grands magasins, des petites cuillères dans les salons de thé ou, au pire, deux ou trois billets dans le sac de leur patronne ou un bijou dans sa table de nuit . Vous ne les verrez jamais fracturer une porte d‘entrée avec une pince-monseigneur, dans le but de dérober une machine à laver, un frigidaire ou un home- cinéma qu’ elles seraient bien incapables de transporter. La femme de mon roman ne commettait pas de petits vols minables mais des escroqueries de haute volée. J’allais être contrainte d’employer une périphrase qui gâterait l’élégance de mon texte. C’était fort dommage.

Donc, pour les académiciens, une femme ne peut être ni une bandite, ni une gangstère, pas plus qu’une piratesse, une aigrefine ou une malfaitrice puisque ces mots n’existent pas. Et s’il est acceptable qu’un membre du beau sexe soit une voleuse ou une kleptomane, elle ne peut en aucun cas être une escroque.( Il est cependant à noter que la tsarine Catherine II , qui parlait et écrivait le français mieux que beaucoup de nos concitoyens n’hésitait pas à employer ce substantif.)

Avez-vous remarqué qu’il est impossible de féminiser le mot assassin. Une femme ne peut être qu’une meurtrière, ce qui exclut la préméditation, circonstance aggravante entraînant une peine beaucoup plus lourde allant jusqu’à la peine capitale il n’y a pas si longtemps que cela.

Comme tout cela est troublant ! De plus cela peut-être un vrai casse-tête. Pas plus tard qu’hier, j’écrivais l’avant-dernier chapitre de mes mémoires et tombai en panne, ne trouvant aucun équivalent féminin pour successeur. Je sais bien que seul un homme peut succéder à un Pape. Mais pourquoi diantre une femme intelligente ne pourrait-elle pas succéder à son père, qu’il soit artisan plombier, patron -pêcheur ou président directeur général d’une multinationale, dites-moi ? Sapristi, la reine Elizabeth II a bien succédé à GeorgeVI et Angela Merkel à Gerhard Schröder. Pourquoi serais-je obligée de m’embarquer dans une périphrase au lieu du mot que j’aurais pu employer pour un mâle.

Le français est-il vraiment une langue féministe ? La discussion est ouverte.

 

Déconfinement

Bez kategorii

Chers amis lecteurs, pour une fois, je ne vais pas chercher à vous amuser, mais je vais jouer les Cassandre. Si vous êtes hypocondriaques et si vous n’êtes pas doués d’un solide sens de l’humour, mieux vaut éteindre votre ordinateur et reprendre vos occupations habituelles.

Si vous n’êtes pas comme moi et n’écoutez pas votre radio, de 9 heures du matin à huit heures du soir – moment où je regarde les progrès du coronavirus à la télévision- vous n’avez sans doute pas entendu un communiqué stupéfiant : POUR QUE LE VIRUS S’ARRÊTE, IL FAUDRAIT QUE 70 % DE LA POPULATION SOIT CONTAMINÉE. (  entraînant, si mes supputations sont correctes ,675.000 décès) .

Alors, vous commencez à comprendre l’urgence du déconfinement grâce auquel, si tout se passe bien, dans deux mois au plus tard les Français pourront reprendre leurs habitudes sans contraintes d’aucune sorte, après avoir enterré les morts… vous et moi, peut-être. Sapristi, je vais avoir 88 ans, j’ai atteint ma date de péremption, c’est bien à mon tour de dégager le terrain, non. Seulement, si je n’ai pas vraiment peur de mourir, je préférerais faire un bon petit infarctus, bien rapide, ou mourir en dormant, un jour ou je porte ma chemise de nuit préférée, plutôt qu’intubée, branchée à une douzaine d’appareils après huit ou dix jours d’agonie. Et vous ?

Maintenant je suis sûr que vous savez maintenant où je veux en venir. Eh oui, mes amis, si vous connaissez la nature humaine, et la mentalité des Français, vous avez dû vous rendre compte que si, allez, mettons 70 % de nos compatriotes sont, comme vous et moi, de braves gens, intelligents,   responsables, solidaires, disciplinés et doués d’un grand sens civiques, 30 % sont de parfaits crétins, ne pensant qu’à eux-même, et ne souhaitant que jouir de la vie et d’une liberté totale ( qui s’arrête où commence la liberté des autres, comme vous le savez, alors qu’eux ne veulent pas le savoir) .

Si, comme moi vous écoutez les radio-trottoirs vous devez avoir entendu certaines réponses données par des personnes de moins de trente ans à la question : «  que ferez-vous lundi, premier jour du déconfinement?

– Moi, je prendrai un vrai apéro avec mes copains.

– Je ferai une méga teuf avec tous mes amis.

-J’irai embrasser mes parents et mes frères et sœurs, ils m’ont trop manqué. ( au moins cela part d’un bon sentiment )

– J’irai voir ma copine et on fera l’amour toute la nuit.

– J’irai porter des fleurs à ma grand-mère et je lui ferai plein de bisous ( cela part également d’un bon sentiment.)

Que de beaux projets !!!

Les rues seront envahies à nouveau par des groupes de gens qui s’attarderont longuement à papoter sur les horreurs du confinement. Bien sûr aucun d’eux ne portera de masque.

– Ben, les masques c’est juste obligé dans les transport en commun, alors foutez-nous la paix.

Malheureusement, c’est la pure vérité,

et dans les supermarchés, les endroits les plus dangereux après les transports en commun, les masques ne sont que «  fortement recommandés ». Comme déjà nombre de gens s’en passaient, j’aime mieux vous dire que le coronavirus va croître et se multiplier dans ce terrain de choix où les gens n’hésitent pas à se coller sur vous quand le même article les intéresse. À ma dernière visite j’ai vu un homme – qu’un masque aurait pourtant bien avantagé – venir tousser comme un malade, juste au-dessus des plats tout préparés alors que je m’apprêtais à mettre dans mon caddy des noix de saint-Jacques aux petits-légumes.

Alors, comment cela va-t-il finir, hein ? Eh bien : Mémé copieusement embrassée trépassera du Coronavirus, dont sa petite fille chérie était porteuse, après l’avoir transmis à tout son Ehpad, personnel y compris, causant une véritable hécatombe. Sœurettes et Frérots qui vont retourner en classe après avoir été cajolés par leur aînée, refileront le virus à leurs copains et ce sera le début d’une réaction en chaîne. Et 14 jours après l’apéro et la teuf, une dizaine de jeunes se retrouveront à l’hôpital, les autres contamineront des dizaines de personnes qui en infecteront des centaines, selon une progression exponentielle.

Mais ce n’est pas tout. Même avant l’ouverture des plages, qui ne saurait tarder, nombre de personnes trouveront bien un moyen , frauduleux ou non, pour se ruer dans leurs stations balnéaires préférées même situées bien au-delà des 100 km autorisés. Bien sûr Mémé, Pépé,voire Tonton et Tata, seront du voyage en plus des gosses, du chien. ..et du COVID-19 qui se répandra du nord au sud et de l’est à l’ouest comme une traînée de poudre.

Médecins, infirmiers, brancardiers et autres membres du personnel médical, mes amis, vous n’êtes, hélas, pas près de prendre des vacances si méritées qu’elle soient. Mais peut-être pourrez-vous aller vous dorer au beau soleil de novembre, quand, grâce à cette miraculeuse stratégie le Coronavirus sera finalement éliminé ainsi qu’un important pourcentage de nos concitoyens ( dont j’ai une bonne chance de faire partie).