Jusqu’où reculeront les bornes du ridicule ?

Bez kategorii

Le massacre de notre belle langue au nom du politiquement correct me trouble profondément. Depuis une quinzaine d’années, je sortais environ un livre par an, mais l’épée de Damoclès que représente pour moi l’écriture inclusive me coupe radicalement l’inspiration. Je répugne singulièrement à ce que ce misérable système vienne non seulement polluer mon style  mais parvienne un jour à changer complètement le sens de mes intrigues. Imaginez ce que cela pourrait donner :

Cunégonde était tombée follement amoureuse de son. sa professeur. e de latin . Ce.tte dernier.e n’avait pas tardé à succomber à son charme… etc

Comment savoir si la belle va fricoter avec un homme, où étant plutôt attirée par son propre sexe, elle va se lancer dans une aventure amoureuse avec sa professeure. Cela change tout et ouvre des perspectives diverses. Cunégonde va-t-elle filer le parfait amour avec son mec qui va lui faire une tripotée de gamins ; à moins qu’il ne se révèle une sale brute qui la battra comme plâtre. Si, toutefois l’objet de sa flamme estune femme , ce sera une toute autre histoire. Peut-être qu’après vingt ans de félicité, étant prise d’une irrépressible envie d’enfant, les deux damoiselles se lanceront-elle dans le labyrinthe de la PMA après avoir choisi celle qui portera le rejeton tant désiré. À moins que l’une d’elles ne tombe inexplicablement sous le charme d’un jeune éphèbe et quitte sa conjointe qui, de désespoir, va se pendre à le rambarde de son balcon. Que de perspectives à envisager pour une romancière. 

Bref, épouvantée par autant de difficultés, pour en arriver à un texte parfaitement illisible, je me consacre désormais à mon blog.

Dernièrement, j’ai été interpellée par un phénomène incompatible avec le politiquement correct. Saviez-vous que nombre d’expressions désobligeantes réservées aux vieillards sont pratiquement impossibles à féminiser, alors que la pratique déjà largement utilisée, est désormais fortement recommandée, avant de devenir coercitive ?

Ma mémoire étant fortement diminuée, je vais vous en donner une liste non exhaustive :

Vieux croûton, vieux tromblon, vieux chnoque, vieux tousseux, vieux birbe ( obsolète ), vieux barbon, vieux débris, PPH ( « passera pas l’hiver ». Maintenant complètement démodé, ce sigle faisait fureur dans les années 50 ).

Je sais que certaines personnes férues de modernité trouveront sans doute parfaitement idoine de transformer les substantifs ci-dessus en croûtonne, tromblones, chnoquesse, tousseuse (ma foi, pourquoi pas ? )birbesse, barbonne … ( débris et PPH défiant l’imagination) ; bien qu’à 80 ans elles déploreraient vraisemblablement être désignées par ces barbarismes affligeants.

Juste retour des choses, il existe également des locutions tout aussi discourtoises destinées à tort ou à raison à fustiger les femmes proches de leur date de péremption (86 ans) et bien sûr l’ayant dépassée. Certains de ces termes peuvent être masculinisés avec plus ou moins de bonheur :

Vieille bique . Vieux biquet est charmant mais peu adapté . Vieux bouc est vraiment horrible, à moins que le pauvre homme sente particulièrement fort.

Vieille bigote . Vieux bigot est parfaitement correct, mais il en existe peu.

Grenouille de bénitier. Crapaud de bénitier est grotesque.

Vieille guenipe est intraduisible, ce qui n’a aucune importance. À l’heure actuelle, peu de gens connaissent ce mot que la Princesse Palatine employait pour qualifier Madame de Maintenonq’ qu’elle détestait, et qui n’a guère été utilisé depuis le XVIIème siècle.

Vieille taupe. Vieux taupin impliquerait que le vieillard se prépare au concours de Polytechnique, ce qui est tout à fait improbable.

– Vieille carne est particulièrement désobligeant, mais carnet et carnier désignent des objets inoffensifs qu’il serait absurde de considérer comme le masculin de carne, même si carnier a la même étymologie. Carnet ayant la même racine que cahier n’a rien avoir avec carne vieille ou jeune.

De toute façon il n’a jamais été question de masculiniser les mots mais de les féminiser.

Fut un temps où la générale, la mairesse n’étaient que les épouses respectives du maire et d’un général, tandis que la doctoresse était une femme-docteur. Actuellement le mot doctoresse est devenu presque insultant au sein de la profession et la bienséance veut qu’on dise Madame le Maire et Madame le Général. Bizarrement, une magistrate qu’un de ses collègues, croyant bien faire, avait récemment appelée Madame le Juge s’est fait vertement tancer par cette dernière pour ne pas l’avoir appelée Madame la Juge.

Quel fatras ridicule !!! Voilà où nous en sommes, mes bons amis !

« Dégenrisation »

Bez kategorii

Joli néologisme, n’est-ce pas , chers amis lecteurs ? Je croyais que les outrances du féminisme et du politiquement correct avaient atteint leur limites, mais il n’en est rien. Les bornes de la connerie ont encore été repoussées. Avant-hier, j’ai cru être la proie d’une hallucination auditive, mais il n’en était rien : un processus était bien engagé afin de de « dégenrer » les cours de récréation !!!

Afin d’abolir la différence entre les garçons et les filles on a déjà installé dans une ou deux écoles une cour de récréation politiquement correcte, comme il se doit. Désormais – grâce à l’augmentation de nos impôts – les cages de football seront remplacés par de charmants potagers où les élèves pourront améliorer l’ordinaire de la cantine en s’amusant à planter divers légumes et peut-être quelques fleurs pour offrir à la maîtresse ou orner leurs salle de classe. N’est ce pas délicieux ? Je suis sûre que tous les enfants vont adorer, surtout les adolescents. Mais ce n’est pas tout : il y aura divers espaces peints de couleurs pastels – si apaisantes – : violine , rose dragée, bleu layette, où les élèves pourront s’adonner à des jeux aussi palpitants que les petits chevaux, ou le jeu d’oie. Ils pourront même bénéficier d’un coin où papoter ( sic). Eh oui, nous en sommes là : on encourage les enfants à papoter – s’il y a un verbe que je déteste c’est bien celui-là- à colporter des ragots, à dénigrer leurs professeurs ou à se moquer de leurs têtes de turcs. Quelle joie éprouveront nos fils, petits-fils et arrière-petits-fils à papoter au lieu de se défouler en tapant dans un ballon !

Le plus fort est que certaines mères approuvent.

– C’est très bien ! a bêlé une mère interviewée. Mon fils revient si énervé après une partie de foot qu’il ne parvient pas à s’endormir.

Pauvre idiote, c’est sans doute parce qu’il joue avec sa console sous ses draps. Si les garçons passent leurs récréations à planter des asperges au lieu de se défouler, ils finiront par devenir violents et à dépenser leur énergie inemployée en battant leurs sœurs en cassant la vaisselle et en en faisant voir de toutes les couleurs à leurs proches – dont vous Madame –

Pourquoi ne pas laisser faire la nature ? De toute façon, quoi qu’on fasse, un garçon aura toujours un pénis et une fille un utérus et tous deux ont des hormones différentes. Un garçon n’accouchera jamais d’un bébé – du moins dans l’immédiat- et une fille ne subira jamais une circoncision . Un garçon n’aura jamais ses règles – le veinard- et une fille ne risquera pas un cancer de la prostate – la veinarde –

D’autre part certaines filles, même très féminines adorent les jeux violents. Pour ma part je suis restée très longtemps un vrai garçon manqué. Je passais mes vacances en haut des arbres et mes récréations à grimper à la corde lisse, à faire des barres parallèles et surtout à jouer à la balle au prisonnier, un jeu qui pouvait se révéler dangereux tant certaines filles avaient de la force. Il en est de même pour une de mes petites filles qui, bien que petite et menue n’aime rien tant que jouer au football avec les garçons de sa classe.

Pensionnaire dans un établissement non mixte – comme c’était l’usage à l’époque- je faisais partie de l’équipe de basket. Un jour, nous avions demandé à notre professeur de gymnastique pourquoi nous ne disputerions pas un match contre les garçons du collège voisin. Il nous avait répondu très sérieusement que c’était impossible : nous étions si brutales qu’il y aurait certainement des blessés dans l’équipe masculine.

Quel sera le prochain projet de Dégenrisation ? Je me perds en conjectures : supprimer les urinoirs, symboles regrettables de masculinité ? Ne créer que des toilettes unigenre dans les lieux publics, ce qui aurait l’avantage de ne plus voir les icones politiquement incorrectes de femmes en jupe ? Interdire aux hommes de porter la barbe et la moustache, si inesthétiques chez les femmes ?… La profondeur de la bêtise humaine est insondable.

Ce brave téléphone portable

Bez kategorii

Je hais mon smart phone. J’ai renoncé à m’en servir et je ne m’en porte que mieux. Je suis plus capable de dompter un chien agressif que cet appareil particulièrement récalcitrant, je dirais même vicieux.

Je ne sais pas si vous assistez souvent aux enterrements, mais moi, ayant été organiste liturgique bénévole, j’ai participé à près de 500 sépultures en 20 ans ( il faut dire que la moyenne d’âge des habitants de la commune est particulièrement élevée ). Or, il n’est pas rare que ce genre de cérémonie soit interrompue par jusqu’à trois sonneries de téléphone portable. Cela va de la petite musique de nuit de Mozart, ce qui n’est pas trop gênant à des musiques plus martiales ou carrément plus déplacées comme Allez viens boire un p’tit coup à la maison voire Il est des nô-ô-tres, il sait boire un coup comme les au-autres !

Je suis allée à une messe commémorative à Paris, juste avant la prolifération des portables. À l’époque, seuls les gens riches en possédaient un, et certains n’hésitaient pas à faire montre de ce qui était alors un signe extérieur de richesse. La défunte étant la mère d’un futur évêque, déjà connu au sein de la communauté catholique, et appartenant également à la fine flur de l’aristocratie française, l’église était bondée. Il y avait, non seulement une foule de parfaits inconnus comme moi, mais une partie de l’armorial parisien et par un aréopage d’ archiprêtres, d’évêques et autres membres du clergé. Eh bien, j’eus la surprise d’entendre pas moins de trois sonneries de téléphone intempestives au cours de cette messe solennelle. Bien sûr, il s’agissait de musique classique : rien qui ressemblât à l’horrible vulgarité de Allez viens boire un petit coup à la maison !Mais l’ennui était que les propriétaires des téléphone redoutant d’être exposés à la vindicte publique, hésitaient à plonger la main dans leur sac ou dans la poche de leur pardessus et préféraient laisser leur appareil sonner jusqu’à ce que leur correspondant renonce à les joindre.

N’ayant pas assisté à un seul mariage depuis l’invention du portable je ne peux pas prétendre avoir entendu la musique des Divorcés de Michel Delpech polluer l’échange des vœux. Et j’espère qu’aucune incinération n’a, un jour, été ponctuée par les accents enthousiastes d’Allumez le feu ..

Comment reconnaître un touriste lambda

Bez kategorii

Au cours de mes activités je rencontre relativement souvent de charmants touristes : de bons citoyens ; sociables, intelligents et bien élevés : ce ne sont pas ce que j’appellerai le touriste lambda.

-Le touriste lambda ne porte pas de masque : certains parce qu’ils sont illettrés et n’ont pas compris le texte écrit en énormes lettres lumineuses à l’entrée du village :

Le Masque est obligatoire

Sur tout le territoire de la commune

D’autres n’en portent pas parce que cela les gêne et que ce serait dommage de gâcher ses vacances avec ce truc qui vous empêche de respirer. Et puis, merde, on est à la campagne, on est pas à Paris, pas vrai !

Et certains s’abstiennent d’en mettre parce qu’un grand professeur de médecine, le Docteur Dugland a dit à la télé que non seulement ça servait à rien mais que c’était dangereux pour les poumons.

– Il y a une chose que le touriste lambda adorent, c’est marcher en plein milieu de la chaussée. Ben les gens ont qu’à faire attention ! Y sont pas pressés, y sont en vacances, non ? J’ai vu une famille de trois personnes occuper l’intégralité de la chaussée. J’ai été contrainte de klaxonner pour ne pas en écraser un ou deux, ce qui les a fort contrariées. Je leur avais gâché leur plaisir.

Même les touristes lambda portent généralement des masques dans les magasins, où les commerçants consciencieux ou des clients téméraires – dont je fais partie- les rappelleraient à l’ordre. Cependant hier, chez le marchand de primeurs, à soixante centimètres derrière moi, une dame d’une cinquantaine d’années préférait montrer l’intégralité de son visage. Circonstance aggravante, elle n’arrêtait pas de tousser  comme si elle avait une bonne vingtaine de chats dans la gorge. Fort bien conservée, beaucoup plus grande et infiniment plus élégante que moi, elle appartenait indubitablement à la classe des B.C.B.G imbus de leur statut social nouvellement acquis. Je lui fis remarquer, relativement courtoisement, que le masque était obligatoire sur tout le territoire de la commune et a fortiori dans les magasins. Elle me toisa avec mépris, et me lança d’un ton vipérin qu’elle attendait d’être à l’intérieur pour le mettre. Je suppose qu’elle voulait dire au coeur du magasin car elle était bel et bien à l’intérieur depuis cinq minutes. Puis pour mieux me river mon clou, elle ajouta plusieurs fois avec un ricanement presque satanique : «  Merci madame, oh merci Madame ! » … L’ horrible femme !

-La bicyclette est de plus en plus à la mode, ce qui en soi est une excellente chose, étant, à la fois économique et écologique, du moins lorsque ces véhicules sont chevauchés par des citoyens soucieux de la sécurité de leurs congénères. Mais le cycliste lambda peut se révéler être un danger public.

Le cycliste lambda, roule partout où il peut se faufiler. Il a un véritable culte pour les zones piétonnières où il se garde bien de mettre pied à terre, au grand dam des malheureux qui ne s’attendent pas à les voir surgir.Dame, si on a loué un vélo, c’est pas pour se fatiguer à le pousser, non mais : ces connards n’ont qu’à faire attention !

– Le cycliste lambda, roule évidemment, en sens interdit, sur les trottoirs dans les deux sens, sans prévenir les piétons qui doivent se ranger pour ne pas se faire renverser. Ben, c’est pas interdit ! ( Le pire c’est qu’il a parfaitement raison : de nos jours, un cycliste à le droit de faire tout ce qui était sévèrement réprimé dans ma jeunesse )

– Les cyclistes lambda aiment sortir en meute, et la jouissance suprême est atteinte quand ils peuvent empêcher les automobilistes de les doubler. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à rouler de front, ou aussi vite qu’il leur est possible, afin qu’il soit trop dangereux de les dépasser sur les routes étroites et sinueuses du village.

Que dire des possesseurs lambda de trottinettes et autres nouveaux engins électriques dont le comportement est en tout point semblable à celui de leurs congénères non motorisés, tout en étant infiniment plus périlleux.

Certains touristes lambda ont de superbes voitures achetées à crédit, s’endettant pour 20 ou 30 ans dans le seul but d’épater leurs voisins voire de les faire crever de jalousie. Ils roulent à 9O sur les rues du village limitées à 30 Kms/h. et sont furieux quand un importun les contraint de ralentir.

Il est d’usage dans notre cher village de saluer les gens que nous rencontrons lors de nos promenades. C’est une démarche conviviale et beaucoup de charmants touristes répondent gentiment à notre «  bonjour » accompagné d’un sourire. J’adore ces échanges si fugaces soient-ils. Cependant le touriste lambda nous considère avec plus ou moins d’hostilité :Que nous veulent ces péquenots ? On a pas gardé les vaches ensemble ? Je leur ai rien demandé ! J’en ai rien à foutre de ces cons !

Il est des touristes lambda si épuisés par leur travail de l’année – Les gens ne peuvent pas comprendre à quel point leur boulot est plus fatigant que le leur- qu’ils n’ont pas la force de lever les bras pour jeter leurs bouteilles vides à l’intérieur des bennes. Ce matin la benne proche de chez moi était entourée d’une bonne vingtaine de canettes de bière vides accompagnées d’une dizaine de bouteilles de vin.

Chers touristes lambda, si vous ne voulez pas que nous nous réjouissions autant de vous voir partir que vous êtes désolés de quitter nos rivages pour reprendre le travail, faites un petit effort et devenez un de ces touristes que nous aimons!

S’il vous plaît !

Politique fiction

Bez kategorii

Pour une tout autre raison que le Covid, la seconde moitié des années 2020 fut une époque faste pour les ferrailleurs, les ferblantiers les soudeurs , et l’ensemble des métallurgistes.

En 2022 , les efforts d’Océane Latête, avaient fini par payer : elle avait été élue Présidente de la République. En signe de joyeux avènement, elle fit libérer tous les malfaiteurs d’origine étrangère et les renvoya dans leur pays natal, ayant affrété plusieurs Airbus A 350. Souhaitant achever de vider les prisons pour en faire des maisons de correction pour les mineurs, elle eut recours à un projet ingénieux. Désormais, les délinquants ne seraient plus incarcérés, mais devraient, à l’instar des bagnards de la Belle Époque, traîner un boulet relié par une chaîne de cinquante centimètres à un anneau soudé à leur cheville droite. Ils seraient également contraints de porter des bermudas réglementaires afin qu’ils ne puissent cacher la boule infamante sous leur jambe de pantalon. Il va sans dire qu’en toute justice, le poids et le volume de ladite boule étaient proportionnels à l’importance du délit qui leur était reproché.

Ivresse publique et manifeste : Boule d’aluminium creuse grosseur d’une mirabelle.

Vols à l’étalage, Vols à la tire : Boule d’aluminium massif grosseur d’un abricot.

Coups et blessures ayant entraîné une I.T.T de moins d’un mois :Boule de fer creuse, grosseur d’un beau melon .

Conduite en état d’ivresse  n’ayant entraîné que des dégâts matériels : Boule de fer massif . Grosseur d’un melon de cinq cents à mille grammes.

Conduite en état d’ivresse ayant entraîné blessures plus ou moins graves. Boule de plomb . Grosseur d’un potiron de deux kilos mais de quatre kilos en cas de décès subséquent.

Enfin meurtres et assassinat . Boule de plomb, grosseur d’une citrouille de concours agricole.

Aux juges de décider de la durée de la peine. Le port à perpétuité sera recommandé en cas d’assassinat crapuleux, multiple ou particulièrement horrible.

Madame Latête avait eu l’astucieuse idée de conserver les plus attrayantes des prisons afin de les transformer en refuges pour les SDF, en maisons de retraite pour les indigents et en asile psychiatriques pour déments dont personne ne voulait.

Par contre, la nouvelle Présidente n’avait pas réussi à faire voter le retour de la peine de mort. La majorité des cent députés ( pour de raisons d’économie, il n’y en avait plus qu’un seul par département, ce qui était bien suffisant) avait argué qu’il y avait eu assez de morts comme cela et que l’obligation pour les pires criminels de traîner une boule de plomb d’une trentaine de kilos pour le restant de leurs jours était tout à fait suffisante.

Fiction Complotiste ( 2)

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Chaque situation comprenant des inconvénients et des avantages, le malheur des uns fit le bonheur de certains. De nombreux professionnels furent ruinés ; en revanche, d’autres s’enrichirent considérablement. Certains psychiatres vivant chichement, vu leur peu de clients, amassèrent des fortunes : le nombre des déprimés et de malades mentaux ayant cru de façon exponentielle, les psychothérapeutes de tout poil s’étaient vite trouvé débordés. En effet, pratiquement tous les hommes assumaient mal cette grossesse intempestive et certaines femmes même multipares tombèrent en dépression en réalisant que leurs souffrances n’aboutiraient qu’à la venue au monde, non d’un charmant poupon, mais d’un horrible gnome sans tête ou muni de cinq jambes ou d’assez de doigts pour jouer du Paganini sans trop d’efforts.

Ce fut également l’âge d’or pour les chirurgiens les plus maladroits qui furent appelés à faire des césariennes à la chaîne, alors que parfois ils en étaient eux-mêmes en fin de grossesse ( Ce qui leur faisait doubler la facture ) . Notons que les anciens vaccinodromes avaient dû être convertis au pied levé en Maïeutic-Houses ( Ce qui était infiniment plus branché que cliniques d’accouchement).

Soit dit en passant cette pénurie de chirurgiens fut une aubaine pour les bouchers. Les malheureux avaient été contraints de fermer boutique après une loi- extorquée de haute lutte par les écologistes- interdisant le commerce de la viande bovine, les pets de vache contribuant notablement à réduire la couche d’ozone. Mais ces professionnels étant maîtres dans l’art de découper la viande, ils obtinrent le titre de Chirurgiens-Maïeuticiens après une brève formation.

Bien sûr, les fossoyeurs eurent le bonheur de recevoir une promotion inespérée, vu l’énorme travait qu’ils eurent à fournir pour enterrer les malheureux petits gnomes heureusement tous morts-nés avec leurs têtes et leurs membres absents ou en nombre excédentaire.

Mais ce furent les philosophes patentés, les agrégés de philosophie, les professeurs de psychiatrie qui tirèrent un maximum de profit de cette terrible situation. Invités à participer à prix d’or sur tous les plateaux, de TF1 à Paris Première en passant par Gully et Disney Channel pour les moins connus ; tandis que les vedettes assuraient quotidiennement deux émissions de deux heures chacune sur C’est Nouz où ils discutaient avec Cédric Mourzen, qui les mouchaient la plupart du temps ayant infiniment plus d’expérience qu’eux de la machine télévisuelle ; tandis que dans l’heure de Praud ils péroraient et ratiocinaient de leur mieux dans le brouhaha ambiant jusqu’à ce que l’animateur leur coupe assez cavalièrement la parole afin d’exprimer son opposition, son mécontentement où ses propres opinions. Cela se terminait le plus souvent par des débats houleux au cours desquels les philosophes allaient parfois jusqu’à s’insulter, voire se battre à la plus grande joie des téléspectateurs.

Fiction complotiste

Bez kategorii

En 2026, il se produisit un phénomène extrêmement curieux . Des centaines de femmes de plus de 85 ans commencèrent à ressentir des nausées matinales. Leurs seins flétris durcissaient et devenaient douloureux, bref, elles présentaient tous les signes d’un début de grossesse. Même celles qui n’avaient jamais eu l’occasion d’avoir des rapports sexuels étaient atteintes de ces bizarres symptômes. Mais ce n’était pas le plus extraordinaire, car, à leur grande surprise les hommes n’étaient pas épargnés par cet étrange syndrome.

Quelques mois plus tard, alors que les instituts de sondage commençaient une vaste enquête, ce fut le tour des personnes de plus de 7O ans, hommes et femmes, d’être atteints, tandis que le ventre de leurs prédécesseurs commençait à s’arrondir à tel point que certains individus déjà affligés de rotondité se voyaient contraints de porter un corset. Un an après le début de cette sorte de pandémie seuls les humains de plus de douze ans demeuraient indemnes.

Les instituts de sondage ayant travaillé d’arrache-pied publièrent le fruit de leurs enquêtes préliminaire. Il s’avéra que toutes les personnes atteintes avaient été vaccinées : les unes par Pisse-Air, les autres par Astérisque-Arnica ou Mode-Arnaque. De toute façon, il ne pouvait en être autrement, tous les Européens non vaccinés étant morts. Les variants Delta,puis Epsilon avaient achevé tout ceux qui avaient échappé au Corona virus de base. Tout cela n’était pas très gai !

Pendant ce temps là, les choses avaient évolué de façon drastique. Cinq mois après les premiers symptômes, hommes et femmes avaient ressenti les premières douleurs. La plupart des femmes , habituées à souffrir restaient d’un admirable stoïcisme, tandis que les hommes poussaient presque tous des hurlements insupportables. C’était assez compréhensible, car les malheureux ne possédant aucune issue leur permettant de se débarrasser du fruit inusité de leurs entrailles étaient complètement paniqués. Une césarienne dut être pratiquée impérativement sur les individus du sexe masculin, alors que leurs compagnes accouchaient par les voies naturelles.

Hélas pour certains qui avaient eu l’espoir qu’un joli bébé allait illuminer leur vieillesse, personne ne donna le jour à un enfant vivant. C’était une vraie bénédiction, car aucune de ces créatures n’était normale. Il s’agissait de petits gnomes rabougris, pourvus des deux ou trois têtes, de quatre bras ou de quatre jambes ou autre singularité. Certaines n’avaient ni tête ni membres, bref il arrivait que les sage-femmes, elles-mêmes toutes enceintes , s’évanouissent en les apercevant. Inutile de mentionner qu’aucune personne âgée et pratiquement aucun homme ne survécut à une épreuve aussi horrible qu’inusitée.

Une anecdote incroyable parut dans l’excellent quotidienLa Voix du Dauphiné :

Un jeune, condamné à des travaux d’intérêt général dans le cimetière, s’y promenait tranquillement quand il poussa un cri perçant. Un bruit insolite venait de la tombe de Monsieur Jacovazy, enterré trois mois auparavant. Une fois le cadavre déterré, on s’aperçut que neuf petits gnomes avaient continué à se développer malgré le décès du parturient en puissance, au point que son ventre avait fini par faire éclater son cercueil ( les pauvres petits êtres n’avaient pas survécu à leur naissance). Interrogée sa veuve avait révélé à la police qu’afin de lui offrir une plus belle tombe – (qu’elle devrait partager un jour avec lui), elle avait fait inhumer son époux dans un cercueil basique ( quatre planches de peuplier mal assemblées) et que le nombre insolite de petits gnomes correspondait au nombre de vaccins qu’il avait exigés par peur d’attraper le redoutable variant Epsilon ayant succédé au variant Delta.

Les instituts de sondages qui s’étaient enrichis considérablement continuèrent leurs enquêtes, ainsi que les journalistes du monde entier, toutes les nations ayant été victimes de ces faits surprenants. Les plus éminents savants qui, eux avaient curieusement échappé à cette bizarre pandémie, se livrèrent à d’interminables examens, dissections et supputations avant d’en arriver à d’étonnantes conclusions, qui ne coïncidaient pas toujours les unes avec les autres. Tous cependant furent d’accord pour attribuer cette effrayante pandémie à la vaccination.

D’après les plus compétents, les différents vaccins avaient été concoctés à partir d’embryons vivants, pris sur des femmes consentant -ou non – à avorter, embryons qui, une fois injectés dans un organisme vivant s’étaient multipliés de façon anarchique. Chose étranges tous les misérables petits gnomes étaient de type caucasien.

Mais là commençaient les divergences d’opinion.

Pour le Docteur Dugland, farouchement misogyne, les coupables de ce complot ne pouvaient être que des féministes voulant éradiquer le maximum de mâles de la planète. Le Docteur Hilda Grossberg, elle, affirmait mordicus qu’il ne pouvait s’agir que d’un mouvement néo-nazi désirant promouvoir la race aryenne (Tous les vaccins distribués à l’étranger étaient d’origine européenne). Le professeur Latrique était persuadé que toute cette lamentable aventure n’avait pu être fomentée que par un savant fou, voulant créer une nouvelle race dont il deviendrait le guru. L’éminentissime virologue d’origine tchtchène : Jean Kulh, invité sur le plateau de C’est Nouz affirma qu’une seule personne avait pu commettre un pareil forfait : l’ex- président de la République, puisqu’il était l’auteur de tous les désastres, accidents, décès et malheurs divers ayant eu lieu au cours de son quinquennat : des catastrophes météorologiques aux chats écrasés, en passant par les carambolages sur les autoroutes et les braquages de banque. Ce discours impressionna un grand nombre de téléspectateurs. Il est en effet indispensable de trouver un bouc émissaire qui puisse vous exonérer de vos propres responsabilités.

Fascinant féminisme

Bez kategorii

Cherchant assidûment à être dans le vent, en dépit de mon âge avancé, je tiens à apporter ma pierre à cet intéressant mouvement gynophile qui tient une place croissante dans les médias. Aussi je tiens, cher.e.s lecteurs.rice.s ( comme cette intelligente écriture inclusive me complique la vie!) à vous exposer un point qui a troublé mon sommeil une partie de la nuit.

Imaginons – bien sûr, ce n’est qu’une supposition- que malgré mon âge – bientôt 89 ans – mes rides et ma situation relativement modeste, je rencontre un Prince du Sang aussi cacochyme que désargenté, et que, séduit par ma beauté toute intérieure et ma pension de réversion, il tombe amoureux de moi au point de demander ma main. Mettons qu’éperdue de solitude et d’ennui, je consente à l’épouser, malgré son nez crochu, ses yeux chassieux et sa désagréable manie de cracher dans son mouchoir. Nous voilà donc mariés, non seulement à la mairie mais à l’église d’où nous sommes sortis entre une haie de déambulateurs, de béquilles et de fauteuils roulants.

Comment m’appellera-t-on désormais, hein ? Voilà le hic ! Mon conjoint continuera à être appelé «  Monseigneur » … long comme le bras, et moi ? Eh bien je serai tout simplement «  Madame » Oui : Madame, comme les gens m’appellent depuis mon premier mariage en 1959, avec un simple Français moyen, comme beaucoup d’entre nous, mes cher.e.s ami.e.s.

Alors, trouvez-vous normal, que mon nouvel époux soit paré d’un titre ronflant, comme le mirliflore qu’il est ( oui, il commence à me gonfler sérieusement!) alors que moi, sa jeune et charmante compagne reste simplement «  Madame ». Sapristi c’était bien la peine d’épouser ce vieux tousseux, non seulement moche, mais radin ( que j’entretiens et qui me dégoûte de plus en plus ).

Voilà mon problème : pourquoi n’existe-t-il pas un équivalent féminin de Monseigneur ?

Masseigneuse ? Non cela évoque par trop l’abattoir. Peut-être Maseigneurie ? Cela ne sonne pas très bien ; d’autant que la plupart des gens prononcent Seigneurerie. Vous entrevoyez maintenant la difficulté de ma situation. Ne serait-ce pas, pendant qu’on y est, plus facile de supprimer carrément le féminin et le masculin au profit d’un genre hermaphrodite, plus facile à manier que cette foutue écriture inclusive, si lourde et si peu économe en temps. Cela occuperait sainement les académiciens pendant quelques décennies, jusqu’à ce qu’on en revienne à la bonne vieille méthode.

De toute façon, on aura beau faire, les hommes et les femmes ne seront jamais pareils, du moins physiquement. À moins que …. Oh non !!!!!!!

L’aide à domicile

Bez kategorii

Nous connaissions depuis une soixantaine d’années les « préposés » qui ne sont, en fait, que des facteurs censés être valorisés par ce vocable*.

Plus tard, sont apparues les techniciennes de surface. D’aucuns pourraient s’imaginer que ces femmes possédent une connaissance approfondie, des parquets, du carrelage, du béton ciré, bref , des sols en général : leur composition, leur seuil de fusion, leur formule chimique – voire leur prix au mètre carré – tout ce que devrait savoir un technicien patenté. En fait, ces personnes, bien qu’elles disposent assez fréquemment d’un B.E.P et savent manipuler une auto-laveuse, ont simplement remplacé les anciennes femmes de ménage, préposées au nettoyage des entreprises.

Dans ma jeunesse, les riches impotents ou séniles n’étaient pas mis d’office dans une maison de retraite : leurs enfants, les gardaient généralement chez eux et embauchaient une bonne supplémentaire pour tendre leur pistolet aux hommes, vider et nettoyer les pots de chambre et les chaises-percées et laver les vêtements souillés. Ils engageaient aussi une infirmière pour faire leur toilette, les changer et leur donner leurs médicaments. Quant aux indigents, si leurs filles ou leurs belles-filles refusaient de se charger d’un pareil fardeau, ils finissaient leur vie à l’asile.

Maintenant les seniors relativement aisés vont en foyers-logements, ou en EH.PAD s’ils n’ont plus toute leur tête.

Mais, au cours des trente dernières années les vieillards qui tiennent à rester chez eux portent un bracelet d’urgence ou une montre Bip, et deux nouveaux termes sont venus enrichir la langue française : les aides à domicile et les aides-ménagères. Cependant si j’en crois la récente anecdote que je vais vous rapporter, ces deux expressions recouvriraient, des fonctions très différentes malgré leur apparente similitude.

La semaine dernière, une amie, comme moi, presque nonagénaire mais parfaitement autonome, se sentant trop fatiguée pour entretenir sa maison, avait contacté un organisme spécialisé afin qu’on lui envoie une aide à domicile. Dès le lendemain, une personne d’une cinquantaine d’années s’est présentée. Ravie que sa demande soit si rapidement satisfaite, mon amie lui montra sans plus tarder le placard où elle rangeait son aspirateur et ses produits d’entretien et lui suggéra de commencer par son salon. La personne qui l’avait écoutée sans l’interrompre, fronça les sourcils et lui déclara avec un soupçon de morgue, qu’elle n’était pas là pour faire le ménage, mais seulement pour l’accompagner, pour se promener et faire ses courses.

Je ne suis pas aide-ménagère, Madame, ajouta-t-elle avec hauteur. Je suis aide à domicile.

Il se trouve que mon amie qui, douée d’une excellente vue malgré son âge, est une conductrice émérite, et qu’elle marche au moins une heure par jour, sans même avoir besoin d’une canne.

– Mais, protesta-t-elle vigoureusement, à la fois surprise et courroucée, je n’ai absolument pas besoin d’une accompagnatrice, je ne suis ni impotente, ni sénile, je suis seulement trop fatiguée pour entretenir cette grande maison. Ce que je veux, c’est justement une aide ménagère : quelqu’un qui nettoiera ma maison, pendant que je me promène ou que je fais mes courses seule.

Pourquoi diantre appeler aide à domicile, une sorte de chaperon qui, justement ne fait absolument rien chez vous, si ce n’est vous aider à enfiler votre manteau ou vous transférer de votre fauteuil à votre chaise roulante ? Serait-ce possible que cette femme déteste tellement passer l’aspirateur et épousseter les meubles, qu’elle ait menti effrontément  et que le ménage entrait bel et bien dans ses attributions??? Ou ce travail servile est-il uniquement réservé au métier moins prestigieux d’aide ménagère ?

… Qui croire, de nos jours ? Où va le monde, ma bonne dame ?

*Jusqu’à ce que préposé en tant que substantif entre dans le dictionnaire, préposé tout seul ne voulait rien dire. Dans ma jeunesse on était préposé à quelque chose ; exemple : Sosthène était préposé à la vidange des eaux usées.

Deux poids, deux mesures ???

Bez kategorii

Le Président de la République se fait souffleter par un quidam souffrant de son anonymat. L’auteur du délit est condamné à huit mois de prison dont quatre avec sursis ; en fait un mois et demi avec les remises de peine automatiques. On se demande d’ailleurs pourquoi on ne dit pas tout de suite « un mois et demi » . Il est vrai que cela paraîtrait vraiment un peu court pour un crime de lèse-majesté.

Sous l’ancien régime ce petit crétin aurait été écartelé, ce qui n’était pas une partie de plaisir … sinon pour quelques spectateurs friands de ce genre d’horribles spectacles. On attachait chacun des membres du condamné ( bras et jambes) à un cheval , on criait « Hue » et les équidés partaient au galop. Ne croyez pas que la mort était instantanée. Si le condamné était un athlète et qu’il avait de solides jointures cela pouvait prendre des heures. Les aristocrates avaient de la chance : ils avaient seulement la tête coupée à la hache. Si le bourreau n’était pas trop maladroit, ce n’était l’affaire que de quelques secondes.

Hier , Monsieur Mélanchon, lui, s’est fait « enfariné » par un autre individu, d’extrême droite pour la France Insoumise, souverainiste de son propre aveu, d’extrême gauche pour l’Extrême Droite et de dénomination inconnue pour le reste des Français, excepté ceux qui s’en tamponnent complètement, n’écoutant pas la radio, ne regardant que les émissions divertissantes à la télévision et ne lisant pas les journaux.

Sans doute, chers lecteurs et amis, vous imaginez-vous que, vu la peine insignifiante infligée à l’agresseur du chef de l’État, l’enfarineur de Monsieur Mélanchon ne risque pas grand-chose . Monsieur Jean-Luc n’est après tout qu’un chef de parti. Il n’a pas même eu assez de voix pour se présenter au deuxième tour. Et, ma foi, l’enfarinage n’a pas l’effet humiliant d’une claque, même avortée. En fait Il s’agit surtout d’un délit de gaspillage : gâcher un sac entier d’excellente farine avec laquelle une famille d’Indiens auraient pu confectionner une vingtaine de chapatis est assez révoltant, mais ne mérite guère qu’une amende représentant cinq fois le prix d’un kilo de T80 chez l’épicier du coin – Toutefois, ce genre d’infraction n’est ni prévu ni réprimé par la loi. Et si déposer des ordures sur la voie publique est bel et bien inscrit dans le code pénal, en l’occurrence il ne s’agissait que d’une légère couche de céréale parfaitement propre vouée à disparaître à la première pluie.

Mathématiquement, si l’on compare le crime de lèse-majesté du gifleur au geste relativement anodin de l’enfarineur, l’État devrait même verser une sorte de pretium laboris à l’agresseur de Monsieur Mélanchon.

Eh bien non, chers amis. Non seulement l’assaillant de notre Jean-Luc national, ne recevra aucune compensation– ce qui serait tout de même un peu fort de café- mais, à l’instar du gifleur, coupable de lèse-majesté , il risque trois ans de prison et quarante-cinq mille euros d’amende- ce qui fait cher le kilo de farine. Bien sûr jamais un tribunal n’irait prononcer une peine aussi ridiculement lourde pour ce genre de forfait, mais quel camouflet ce serait pour notre Président si l’agresseur de Monsieur Mélanchon écopait d’une peine supérieure à celle infligée au sien : par exemple huit mois de prison incompressible plus 5.000 euros d’indemnisation à Monsieur Mélanchan pour qu’il puisse s’acheter un nouveau costume et porter sa chemise et sa cravate à la teinturerie.

Pensez à la popularité que va gagner notre Jean-Luc. Sapristi je suis viscéralement de droite, mais comme jadis pour Monsieur Marchais, j’éprouve une certaine sympathie, sinon pour ses idées mais pour le personnage. Sa mauvaise foi m’enchante, comme la dichotomie entre sa culture et les énormités qu’il peut soutenir. Comme feu Monsieur Marchais, il m’amuse énormément. Or en l’occurrence, je l’ai trouvé touchant, attendrissant presque. La façon dont il s’est épousseté aidé par des anonymes n’hésitant pas à sortir leur mouchoir pour le nettoyer maladroitement, lui tapant familièrement dans le dos comme ils l’auraient fait pour un tapis, était profondément émouvante. Il était très différent sans ses lunettes et ressemblait à un enfant désemparé. Ma parole, si j’avais été auprès de lui, je crois que je l’aurais pris dans mes bras.

Je ne suis ni madame Soleil, ni Christine Haas, mais je gage que cet incident va lui gagner des voix, et il n’est pas impossible qu’il aille jusqu’à remporter les élections. …ce qui laisserait à penser que cet attentat a été fomenté par … La France Insoumise.