Erreur administrative

Bez kategorii

Je suppose que, comme moi, vous en avez ras le bol du Covid 19, aussi, pour changer, je vais vous transporter en l’an de grâce 1948. J’étais depuis huit ans pensionnaire dans une institution religieuse, j’étais en classe de Première, et mes condisciples et moi nous préparions à nous inscrire à la première partie du Baccalauréat,qui, soit dit en passant n’avait rien à voir avec le «  bac de français » actuel, comprenant quatre matières à l’écrit et toutes les matières, y compris la gymnastique, à l’oral.

Je disputais avec mon ardeur habituelle une partie de balle au prisonnier sur la cour de récréation, lorsque la directrice, la très sévère Mère Léonce du Calvaire vint me chercher et me conduisit incontinent dans la salle d’études déserte. Son visage exprimait un mélange de perplexité et de consternation et mon cœur se mit à cogner dans ma poitrine. Qu’avais-je bien pu faire et qu’allait-elle m’annoncer ? Mon renvoi, la mort d’un de mes proches : mon père, ma petite sœur, Grand-Père? Comme toujours, je prévoyais le pire.

Mère Léonce du Calvaire s’arrêta devant un des bureaux du premier rang et me tendit une large feuille tapée à la machine, portant une signature et un tampon impressionnant.

– Voyez ce que je viens de recevoir, me dit-elle d’une voix quelque peu troublée. C’est l’extrait de naissance que vous aviez demandé. D’après ce document Vous êtes née en 1921 ce qui fait que vous auriez, non pas quinze ans mais vingt-six ans. C’est absurde !

C’était absurde en effet. J’avais toujours été la plus petite de ma classe, je paraissais plutôt deux ou trois ans de moins que mon âge et ma naïveté était celle d’un enfant de sept ans. Toutefois je sentis la terre se dérober sous moi : Je n’avais pas vraiment quinze ans mais vingt-six ans ce qui expliquait TOUT :

Ma mère qui était folle de musique avait commencé à m’apprendre la musique et à réciter des poésies avant même que je sache parler couramment ce que je pus faire à deux ans. Grâce aux dons de pédagogie de ma grand-mère paternelle, je savais parfaitement lire alors que je n’avais pas quatre et depuis que j’étais entrée en classe juste avant mes neuf ans, toujours grâce à ma grand-mère, j’avais toujours été la plus jeune de ma classe. Bref j’étais censée être une enfant précoce et mes éducatrices s’imaginant que j’en tirais vanité, avaient tout fait pour briser mon orgueil supposé, alors qu’au contraire je n’avais aucune confiance en moi et trouvais tout naturel d’avoir lu des biographies historiques à huit ans après avoir fait mes délices de l’intégralité des romans de la comtesse de Ségur et des contes de la mythologie grecque dont les héros avaient peuplé ma solitude.

Oui, maintenant tout s’expliquait. Non seulement je n’étais pas une enfant précoce, mais n’ayant su parler qu’à treize ans, lire à quinze ans, et entrer en sixième à vingt-et-un ans alors que la dernière de la classe, Micheline G. n’avait que quinze ans, j’étais en fait une débile mentale et une naine par dessus le marché !

Cette analyse de la situation démontre l’étendue de ma naïveté qui en fait confinait à la bêtise la pplus crasse. J’étais horrifiée et Mère Léonce du Calvaire, qui pourtant n’avait jamais été particulièrement tendre avec moi, dut me rassurer. D’ailleurs, quelques jours plus tard nous reçûmes un autre acte de naissance rétablissant la vérité, et Mère Léonce du Calvaire mit l’acte erroné à la poubelle.

Quel dommage que je n’ai pas pu le garder. J’aurais pu en tirer parti et susciter l’admiration de mes amis et connaissances en leur démontrant, preuve à l’appui que j’avais non pas 89 ans mais 100 ans. Honnêtement, je ne suis pas trop mal conservée pour 79 ans, mais dans onze ans, du train ou vont les choses , je ne serai pas très fraîche. Mais si aujourd’hui j’avais 100 ans, sapristi, pour une fois, j’aurais de quoi susciter les compliments qui, pour une fois dans ma vie, ne manqueraient pas de pleuvoir sur moi.

Un monde nouveau

Bez kategorii

Les idées les plus folles me traversent parfois le cerveau tandis que je prends mon petit déjeuner. Ce matin, je ne sais pourquoi. une hypothèse terrifiante m’est venue à l’esprit. Imaginons qu’ un variant particulièrement virulent nous arrive, disons : de Nouvelle Guinée. Nous l’appellerons le variant Papou. Cette nouvelle saleté serait résistante à tout sauf aux différents vaccins. Toute la population mondiale serait exterminée à l’exception des personnes immunisées par une double dose d’Astra-Zeneca, de Pfizer, de Moderna ou de Spoutnik. Que resterait-il alors , dites-moi, chers amis ? Je vais vous le dire :

Les très vieux, comme moi ( bientôt 89 ans)

Les diabétiques et les obèses de plus de 55 ans

Le personnel médical de plus de 55 ans moins les anti-vaccins,

Les personnes de plus de soixante ans affligées d’infirmités dûment répertoriées,

Une certaine quantité d’obèses et de diabétiques de moins de 55 ans ayant des relations bien placées.

Quel monde affreux, mes pauvres amis ! Qui soignera tous ces vieux, ces infirmes, ces diabétiques et ces obèses ? Une poignée de médecins pour des millions de personnes. Il n’y aura plus de médicaments en cours de fabrication. Des bandes de seniors encore suffisamment valides iront piller les pharmacies jusqu’à ce qu’il n’y ai plus le moindre cachet d’aspirine. Que mangerons-nous puisque les agriculteurs seront rayés de la carte à part quelques fermiers et maraîchers cacochymes. Il n’y aura plus de naissances, toutes les femmes épargnées étant ménopausées. Seules les obèses et les diabétiques débrouillardes seront à même de procréer si toutefois elles parviennent à trouver un partenaire parmi les mâles restants : obèses, diabétiques, vieillards encore en état de fonctionner. Peu de cliniques et d’hôpitaux étant encore ouverts, faute de personnel suffisant:elles accoucheront chez elles avec l’aide de leur conjoint ou, au mieux, celle d’une sage-femme dénichée dans un EHPAD voisin.

Il est déjà difficile de trouver un spécialiste actuellement, même si vous êtes aux portes de l’agonie, que sera-ce lorsqu’il ne restera plus qu’une poignée de praticiens opérationnels, ainsi que quelques dizaines de médecins plus ou moins gâteux ayant fait leurs études entre les deux guerres. En fait, il me faudrait un livre entier pour énumérer les résultats de ce cataclysme qui nous fera vite revenir à l’âge de pierre.

Subsisteront toutefois des politiciens : de vieux chnoques ventripotents qu’une alimentation trop riche, et l’abus de bons vins et de gros cigares ont ruiné la santé. Ce sera le règne d’une gérontocratie, suivie à court terme par une diabétocratie, ou d’une adipocratie jusqu’à ce que les enfants, nés après après la pandémie, ayant atteint l’âge adulte créent trois ou quatre partis farouchement opposés les uns aux autres. L’histoire est un éternel recommencement, dit-on.

Alors qu’il aurait été si simple de vacciner en priorité non seulement le personnel médical et paramédical, les chercheurs des laboratoires, les ambulanciers, les agriculteurs, les boulangers, les épiciers, les bouchers, les parents de jeunes enfants et suivant l’arrivée des vaccins, tous les actifs ; les vieux (comme moi ) venant en toute dernière position. Sapristi, que ferions-nous à notre âge sans médecins, sans dentistes, sans pâtissiers, sans pharmaciens, sans épiciers et, pire encore, sans télévision, sans lumière et sans moyens de chauffage si les employés d’EDF et ceux du gaz étaient frappés par le Virus Papou.

La Fontaine et l’ écriture inclusive

Bez kategorii

Chers poètes.ses, vous qui vivez de votre plume, je crains que vous ne deviez bientôt vous inscrire à Pôle Emploi. En effet comment pourrez vous parvenir à trousser un poème acceptable si vous devez respecter les nouvelles directives imposées par nos valeureuses têtes pensantes. Imaginez l’infortuné la Fontaine s’il avait été contraint d’utiliser l’écriture inclusive. Laissez-moi vous montrer un aperçu de ce que cela aurait donné.

Maître.sse Corbeau. neille sur un arbre perché.e

tenait dans son bec un fromage.

Maître.sse Renard.e par l’odeur alléché.e

lui tint à peu près ce langage :

«  Eh, bonjour Monsieur.adame du. de la Corbeau. neille !

Que vous êtes joli.e ! Que vous me semblez beau.lle !

Sans mentir si votre ramage

est égal à votre plumage,

Vous êtes le.a phénix. cette des hôtes.ses de ces bois.

À ces mots le .a corbeau. neille ne se sent plus de joie,

Il.elle ouvre un large bec, et laisse tomber sa proie.

Le.a renard.e s’en saisit et dit : «  Mon.a bon.ne Monsieur. Dame

Apprenez que tout.e flatteur.se,

Vit au dépens de celui.lle qui l’écoute ! Etc, Etc…

N’est-ce pas joli ? Quelle légèreté de style ! Quelle beauté du mètre ! s’exclameront les tenants du politiquement correct. Soyons modernes , que diantre !

Amis acteurs, rafraîchissez vos textes.

« À moi, comte.sse, deux mots »

«  Et il sortit de scène comme un.e vieillard.e en sort. »

« Je suis Romain.e hélas puisqu’Horace.tte est Romain.e »

Chers lecteurs.trices, je vous laisse juges.ses (?)

Adoptez donc un ours !

Bez kategorii

Chers lecteurs octogénaires, vous qui hésitez à adopter un chat ou un chien afin d’adoucir votre solitude, je vous suggère une troisième solution qui, j’en suis persuadée, vous satisfera pleinement : achetez un ours en peluche.

Attention , n’allez pas vous précipiter dans un bazar ou une grande surface pour y choisir un ours en provenance de Chine , aussi dur qu’une poire pas mûre, raide comme un manche à balai, et aussi agréable à caresser qu’un paillasson. Rendez-vous dans un magasin spécialisé et achetez ou, mieux encore, faites-vous offrir un ours de qualité, fabriqué amoureusement à la main en France  par une seule personne, au lieu de sortir d’une chaîne de montage : une peluche plus douce que du velours, plus souple qu’un contorsionniste, qui se pliera à tous vos caprices, qui partagera votre couche, si cela vous chante, et que vous pourrez cajoler, serrer contre vous et embrasser autant que vous le souhaitez.

Cette solution vous apportera nombre d’avantages collatéraux. Votre petit compagnon n’aura jamais faim. Vous n’aurez pas à lui acheter de croquettes qu’il répandra dans la cuisine et que vous devrez balayer si vous ne voulez pas que votre carrelage ressemble au sol d’un poulailler. Vous pourrez laisser de la nourriture sur la table : il ne dévorera pas la meilleure partie d’un poulet cru, comme l’a fait un jour Toupie, feue ma petite chatte.

Vous n’aurez pas besoin de placer une litière aussi malodorante qu’inesthétique dans votre appartement afin que Minet puisse faire ses besoins, et que vous devrez vider et nettoyer quotidiennement. Et si vous optez pour un chien, vous n’aurez pas à promener Azor matin et soir afin qu’il se soulage dans le caniveau au lieu de se satisfaire la nature sur votre canapé ou sur vos géraniums. Imaginez-vous tirant désespérément sur sa laisse si, comme moi, vous marchez avec une canne, ou pire encore si vous ne vous déplacez qu’avec un déambulateur.

Et si vous tombez malade dites-moi ! Croyez-vous que Minet ouvrira votre réfrigérateur pour y trouver de quoi manger, ou ira s’acheter un sandwich à la charcuterie du coin, qu’Azor ouvrira la porte d’entrée et la refermera avant d’aller déposer ses crottes sur le trottoir ? Bali Baloo ( mon ours*), lui, restera tranquillement sur mon lit pour me tenir compagnie sans émettre le moindre miaulement , ni le moindre aboiement pour exprimer son mécontentement et me reprocher de le négliger. Pour peu que votre voisine soir une garce peut-être alertera-t-elle la SPA qui vous fera un mauvais procès quand vos animaux affamés se mettrons à hurler à la mort.

J’ai un peu honte d’avouer que Bali Baloo dort avec moi. Quand je me sens particulièrement déprimée, je le serre contre moi de toutes mes forces, ce que mon Bali Baloo supporte stoïquement. Je ne vous conseille pas d’en faire autant avec Azor ou Minet : ils n’apprécieraient pas du tout cette étreinte quasi-létale et vous le feraient savoir sans tarder. Minet miaulerait désespérément et, sentant l’air lui manquer, sortirait ses griffes afin de lacérer la peau tendre de votre poitrine ou votre chemise de nuit en pilou neuve, tout en réveillant l’immeuble par ses miaulements. Azor donnerait également de la voix, mais il ne tarderait pas à vous mordre, si bien que vos cris, joints à ses aboiements alerteraient tout le quartier provoquant l’irruption de la maréchaussée.

Bien sûr, un ours en peluche, ne vous dira pas les mots tendres qui vous réconforteraient, il ne vous prendra pas spontanément dans ses bras (ses pattes ), et il ne vous apportera pas la bonne tasse de chocolat qui vous ferait tellement plaisir mais que vous n’avez ni la force, ni le courage de préparer, mais je suis certaine que vous êtes encore assez lucides pour ne pas attendre de telles attentions de la part d’un chat ou d’un chien . Comme dirait Bigeard : « après tout,  ce ne sont que des bêtes » … Et si d’aventure un cambrioleur parvenait à pénétrer chez moi, ce n’est pas Bali Baloo qui me défendrait. Mais votre chat ne serait pas plus efficace. Comme je suppose qu’à votre âge vous n’irez pas choisir un berger allemand, un pitbull ou un rottweiler, ne comptez pas sur votre chihuahua ou votre caniche nain pour terrifier les malfrats.

Avez-vous pensé à ce que coûtent les interventions des vétérinaires ? Car, il arrive que les animaux de compagnie tombent malades, qu’ils peuvent, comme les humains souffrir de maux plus ou moins graves. Comme nous, il vieillissent, ils ont de l’emphysème, de l’arthrose, sont atteints de cardiopathies invalidantes… et, comme nous, finissent par passer de vie à trépas.

Peut-être, le plus grand avantage des ours en peluche est d’être immortels. Non seulement vous n’aurez pas à pleurer votre petit compagnon s’il disparaît avant vous. Et vous n’aurez pas à vous ronger les sangs en vous demandant ce que deviendra Médor à votre décès. Je suis sûre qu’à ma mort un de mes arrière-petits-enfants sera trop content d’hériter de Bali Baloo.

Alors, mes chers contemporains, j’espère vous avoir aidés à faire le bon choix.

* Hommage à Julien Courbet dont les variations musicales sur Bali Baloo me réjouissent chaque matin

Nouvelles alarmantes

Bez kategorii

Un ami vient de m’envoyer un article sur la prolifération angoissante des algues vertes toxiques en Bretagne sud où je demeure. Ce document aussi long que verbeux, rédigé dans un jargon scientifique destiné à impressionner les lecteurs, comprend une pléthore de mots latins impossibles à retenir. Je n’ai rien contre ce genre de papier, bien qu’honnêtement ce ne soit pas ma lecture favorite, mais ce qui m’a fortement déplu a été la conclusion libellée en caractères gras et encadrée de rouge, de façon à attirer plus sûrement l’attention des lecteurs :

Faites un don !

Pourquoi diantre irais-je refiler de l’argent à un inconnu qui vient me gâcher ma journée en me signalant un nouveau fléau, comme si nous n’en avions pas assez avec le Covid, l’insécurité, une éventuelle panne générale d’électricité et l’augmentation de presque tous les tarifs.

Le plus beau c’est que l’auteur de cet article se proclame le pourfendeur des «  fake news »! Je ne prétends certes pas qu’il nous raconte des carabistouilles : ce qu’il affirme est parfaitement authentique et cela fait plus de dix ans que j’entends parler de cette calamité ; mais sapristi que cherche cet homme en plus de nos offrandes ? Ne tenterait-il pas de nous effrayer ? … exactement comme le font les propagateurs de fausses nouvelles*.

*Non content d’user et d’abuser du latin l’auteur n’hésite pas à employer des anglicismes alors que l’équivalent français est parfait dans sa concision.

Lettre aux citoyens de plus de 75 ans

Bez kategorii

Je viens de lire l’article concernant le processus de la vaccination et les formalités nécessaires qui lui sont inhérentes. J’ai 88 ans , j’ai fait des études supérieures, je suis encore en possession de mes facultés mentales et pourtant, étant seule et ne conduisant plus, les diverses démarches me semblent absolument insurmontables. J’habite un village côtier où il n’y aura aucun centre de vaccination . Comment m’y rendrai-je ? Où obtiendrai-je le questionnaire ? Comment le remplirai-je : je ne me souviens-plus de la date à laquelle je me suis fait vacciner de la grippe et peut-être ai-je eu le covid : à mon âge à part la fièvre, j’en ai eu tous les symptômes, les uns après les autres. Et s’il est aussi difficile d’avoir des responsables au téléphone que ce l’est pour obtenir un rendez-vous chez mon nouveau médecin, je ne parviendrai jamais à joindre le centre adéquat.

Cependant quelque chose me travaille. Ces obstacles ne seraient-ils pas voulus. Ne chercherait-on pas à dissuader mes contemporains de se faire immuniser, vu l’insuffisance patente des vaccins salvateurs ? Le doute s’insinue en moi comme un venin. Serait-ce possible que Monsieur Véran, ce sympathique ministre n’ose pas publier la lettre qu’il concocte peut-être dans son cerveau pendant ses insomnies ?

« Chers seniors, nous n’avons pas assez de vaccins pour satisfaire tout le monde, alors mettez-vous en tête que vous faire vacciner ne va pas être de la tarte. À votre place, j’y renoncerais … surtout pour ce qu’il vous reste à vivre. De plus vous coûtez cher à la Sécu et vous êtes parfaitement  inutiles à la société. Ce serait vraiment dommage de gâcher tous ces bons vaccins pour des gens qui ne servent plus à rien et dont beaucoup n’ont même pas envie de vivre. Restez donc chez vous tranquillement. Regardez la télévision ou écoutez la radio si vous ne voyez plus clair. Ne soyez pas égoïstes . Pensez à ceux qui ont encore de belles années à jouir de la vie. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de vous dire la vérité sans fard et croyez que nous pensons à nos anciens et que nous les aimons et les vénérons! « 

Je suppose que j’exagère la crudité de ces propos, mais évidemment Monsieur Véran, comme la plupart d’entre nous se garde, par délicatesse de toujours livrer le fond de sa pensée . Si vous saviez les horreurs concernant mes concitoyens, qui me passent par la tête parfois, vous seriez scandalisés. Monsieur Véran est un homme trop courtois pour publier dans le journal officiel que mes contemporains et moi ne servons plus à rien et que nous coûtons cher à la société. Il a donc préféré la solution raisonnable qui était juste de nous décourager. Peut-être était-ce la décision la plus sage.

Un beau cadeau

Bez kategorii

Cher Monsieur M…..r,

Laissez-moi vous remercier au nom de tous les enfants et adolescents de France du merveilleux cadeau dont vous allez les gratifier . Quelle générosité, quelle abnégation ! Car je suppose que vu les monstrueuses dépenses auxquelles doit faire face actuellement le Trésor Public, vous allez payer les frais de publication de vos propres deniers. C’est tout bonnement in-croy-able !

Je vois d’ici la joie de tous les jeunes qui, pour parler vulgairement, vont s’en payer une bonne tranche en parcourant cette anthologie, certainement d’un goût aussi exquis que les productions de feu le professeur Choron. Avantage collatéral, cela va leur donner des idées pour brocarder leurs professeurs, la police, les lois de la République, les ministres, les politiques – Hélas ! Cet âge est sans pitié – et bien sûr le Gouvernement responsable de tout ce qui nous arrive, du coronavirus à la météo.

J’espère que vous n’oublierez pas de distribuer ce charmant volume dans les écoles privées. Pensez au bonheur des parents en voyant leur religion ridiculisée.

Fan de caricatures comme vous l’êtes, vous devez adorer qu’on se gausse de votre personne. Aussi ai-je une merveilleuse idée pour la couverture de cet ouvrage. Pourquoi pas vous représenter sur un vaste pot de chambre, en train de restituer à la nature ce que vous avez payé très cher dans votre restaurant étoilé favori. Ce serait charmant, agrémenté d’un rouleau de papier hygiénique rose sur un petit tabouret en compagnie d’un flacon d’Air-Wick , et d’une jolie balayette. Ce ne serait pas de très bon goût, mais je suis certaine que cela vous plairait.

Une formulation appropriée

Bez kategorii

Quand les technocrates qui formulent les slogans gouvernementaux concernant le coronavirus comprendront-ils que beaucoup de jeunes de banlieue défavorisées ne comprennent qu’un vocabulaire de base ? Parmi ceux dont les parents sont illettrés, voire analphabètes, les Français de souche disposant, au mieux , d’un vocabulaire de 400 mots et, au pire, de 250 parlent plus couramment argot, les Français d’origine maghrébine ou africaine, qui n’en ont pas davantage parlent arabe, wolof, mooré, diula, swahili, kicongo ou autres dialectes lorsqu’ils sont entre eux. Quant aux immigrés de fraîche date et aux clandestins qui ne maîtrisent pas encore notre langue ils s’expriment le plus souvent dans leur langue maternelle : roumain , russe, afghan, tchétchène, turc, hindi ou autres idiomes incompréhensibles, lorsqu’on n’est pas polyglotte comme Monsieur Claude Hagège.

Dans le temps, les personnes de tout milieu social ayant obtenu leur certificat d’étude en savaient beaucoup plus que certains étudiants de première année et pouvaient écrire et parler un français correct. Ce n’est fichtre pas le cas actuellement ou même certains animateurs de radio ou de télévision font parfois des fautes de grammaire et de prononciation effarantes.

Alors, Messieurs les Technocrates, essayez d’utiliser un français adapté à tous. Pourquoi ne pas dire tout bêtement : «  Portez un MASQUE, Lavez-vous souvent les mains et ne vous collez pas les uns contre les autres » au lieu de recommander benoîtement d’ « observer les gestes-barrières. » qui n’évoque absolument rien pour certaines personnes défavorisées.

Imaginez que vous venez d’arriver en Corée du Nord et qu’on vous menace dans la langue vernaculaire de vous mettre en prison si vous n’observez pas les jangobyeong jeseucheo, au lieu de vous dire crûment en mauvais franglais :  «  Puttez une mâsk sur vos figures , si pas, prison !» phrase que vous comprendriez parfaitement ! Je peux vous assurer que vous vous mettriez dans un effroyable pétrin si, comme moi vous ne parliez pas un traître mot de coréen.

Les Français sont plus indulgents. Ils ont même peur d’effrayer leurs concitoyens et surtout leurs clients. J’habite un bourg côtier fort prisé par les touristes. Au début du confinement mon supermarché avait apposé à l’entrée une affiche très visible où on pouvait lire en grosses lettres :

MASQUE OBLIGATOIRE

Quand les estivants arrivèrent, cette affiche comminatoire fit place à une feuille de 21×29,7 avec une phrase moins susceptible de choquer les vacanciers par son exigence et sa brutalité :

Masque fortement recommandé

ET SI TRUMP NOUS TRUMPAIT ?

Bez kategorii



La psychologie m’a toujours passionnée. Les caractères tordus m’intéressant particulièrement, il est normal que le cas Trump ait piqué ma curiosité.
Ne trouvez-vous pas bizarre que ce brave président sorte de l’hôpital frais comme l’œil au bout d’une petite semaine après avoir souffert du covid-19. Miraculeux non ? Sapristi, il avait tout ce qu’il fallait pour y rester ! Il avait bien plus de 65 ans, était obèse et qui sait s’il ne souffrait pas de diabète gras.
D’après tous les témoignages, les gens atteints de cette terrible maladie, s’ils n’en meurent pas, se sentent patraques pendant plusieurs semaines. Ils se traînent comme des zombies, le regard terne, et la mine morose. Je n’en ai vu aucun jeter son masque d’un air jovial en franchissant le seuil de l’hôpital. Alors, comment expliquer le rétablissement éclair de Monsieur Trump, alors que, selon toutes probabilités il devrait être six pieds sous terre dans un cercueil d’acajou capitonné.
Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que ce brave homme n’a pas eu le covid-19, et que sa soi-disant maladie n’était qu’un coup monté, relativement subtil. Eh oui, chers amis lecteurs.
Trump a voulu nous démontrer qu’il avait raison en affirmant que le covid-19 n’était , comme il nous l’avait proclamé maintes et maintes fois, n’était qu’une méchante grippe, que les milliers de morts n’étaient que des mauviettes alors que lui, son Excellence Donald Trump s’en était sorti avec panache grâce à sa virilité et à son charisme de chef. Et son gracieux jeté de masque était symbolique de l’inutilité de ce préservatif dont il n’avait cessé de se gausser.
Mais, me direz-vous, ses traits tirés, ses cheveux ternes , les petite mèches blanches au-dessus des oreilles ? Voyons, rien de plus facile. Il lui suffisait de se passer de maquillage et de ne pas se faire teindre les cheveux pendant huit jours. Vous n’imaginez pas qu’à soixante-quinze ans il a gardé son teint de jouvenceau et son opulente chevelure blond roux. Tout cela n’est qu’artifice, et même, je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’il porte une moumoute.
Mais peut-être est-ce moi qui me trumpe…

Lisez mes articles, Monsieur le Président !

Bez kategorii

Cher Monsieur le Président ?

Quel dommage que vous ne lisiez pas mon blog ! Il y a quelque temps , je vous avais donné un précieux conseil ; si vous l’aviez suivi, vous auriez évité de susciter une fois de plus l’ire populaire. Mettez-vous bien dans la tête que seule une élite peut comprendre les mots plus ou moins savants qui vous viennent naturellement à la bouche ? Si beaucoup de nos concitoyens se sont sentis offensés de s’entendre traités de Gaulois réfractaires, comment pouvaient-ils savoir ce qu’étaient les Amish ? D’abord je gage qu’une grande partie de nos compatriotes, ignorantle bon usage des liaisons ont pensé qu’il s’agissait de Zamiches, soit, vraisemblablement, d’ individus peu recommandables auxquels ils répugnaient à être assimilés.

Hélas, Monsieur le Président, tous les Français n’ont pas été élevés, comme vous, chez les jésuites, ces merveilleux éducateurs. Nous sommes dans un pays où certains agrégés de lettres font des fautes aussi atroces que «  il faudrait que vous le lisassiez » au lieu du correct «  vous le lussiez » ; où d’éminents ministres ne savent plus manier le style indirect, au point de prononcer une phrase aussi horrible que :  «  je ne sais pas qu’est-ce-qu’il faut faire » ; où nombre d’animateurs ignorant également le maniement du style indirect ne savent apparemment pas que le pluriel des adjectifs se terminant en al se termine pour la plupart en aux et parlent sans vergogne de «  bénéfices illégals » et que la majorité de la population prononcent allégrement «  cent zeuros » et  « deux cents Heuros, j’en passe et des bien pires.

Eh oui, Monsieur le Président, vous êtes dans à la tête d’un pays comprenant 2.500.000 illettrés,  d’un pays où une partie de la population ne possède guère plus de trois cents mots de vocabulaire dont la moitié consiste en néologismes douteux comme « meuf », « keuf », « teuf », «  feuge », ou de mots détournés de leur sens primitif comme « bouffons » ou « vénère » et où nos valeureux bacheliers, ayant obtenu leur diplôme au rattrapage, seraient bien incapables de réussir l’examen d’entrée en sixième des années quarante, sans parler du certificat d’études où une orthographe impeccable était de rigueur.

Alors, par pitié, Monsieur le Président, usez désormais d’un langage moins châtié, de préférence trivial, employez des mots accessibles à n’importe quel enfant de sept ans. Toutefois n’hésitez pas à utiliser des expressions pointues appartenant au jargon du football, où des rappers. Cela réunira tous les suffrages et votre popularité montera de plusieurs crans. Vous deviendrez un Président branché, proche du peuple, et vous ferez un tabac aux prochaines élections.