Faire-part

Bez kategorii

Monsieur le Président de la République

Madame la première Ministre

Monsieur le Ministre de l’Intérieur

Monsieur le Ministre des Finances

Madame la Ministre de la transition Écologique

Madame la Ministre de la Santé

L’Ordre des Vétérinaires

Les Membres de la SPA,

Tous les Français bouleversés par ce drame

Ont la grande douleur de vous faire-part de la disparition de

SNP* Bélouga

décédé le 11 août 2022 dans un camion réfrigéré, entouré de ses fidèles soignants.

Sa dépouille mortelle été transportée à la morgue où il repose en attendant d’être autopsié.

Ses funérailles solennelles auront lieu ultérieurement. Ses cendres seront jetées à la mer qu’il aimait tant.

Ni fleurs, ni couronnes, des chèques.

*Sans nom patronymique

Psychanalyse du bélouga

Bez kategorii

Ce foutu Belouga commence à me chauffer les oreilles. Sapristi, ferait-on autant de foin pour un malheureux vieillard crevant de chaleur et de solitude dans son unique pièce exposée plein sud. Ou pour une famille nombreuse n’ayant pas de quoi se nourrir suffisamment et dont les membres seraient bien heureux si on leur offrait des harengs vivants ou morts ( mais encore frais). Certaines personnes seraient aussi soulagées d’échanger leurs matelas pourris contre ceux dont on bourre le camion réfrigéré afin que Monseigneur Bélouga puisse prendre ses aises. Non mais ! Saperlotte j‘aime les animaux, mais je préfère tout de même les humains. Je sais que ce sont les bélougas qui donne le meilleur caviar, mais tout de même, il ne faut pas pousser !

J’ai une immense admiration pour les vétérinaires. Je trouve qu’il est beaucoup plus difficile de sortir de Maisons-Alfort que d’entrer à Polytechnique. Je connais plusieurs Polytechniciens, au moins de réputation, mais je ne peux m’imaginer aucun d’eux en train d’accoucher une dame rhinocéros, ou de soigner l’abcès dentaire d’un crocodile. Mais à mon avis les vétérinaires, savants comme ils peuvent l’être, se sont trompés sur leur diagnostic. Le bélouga, ne souffrait pas de dénutrition et il ne servait à rien de leur donner des médicaments pour leur stimuler l’appétit ( je voudrais bien qu’il existe des remèdes pour m’enlever l’appétit). Et, de toute façon je ne pense pas que les harengs, même arrivant de Dunkerque en hélicoptère, soit une friandise susceptible de guérir l’anorexie. Je n’ai pas fait d’études scientifiques, Mais je sais très bien ce qu’est la dépression et je suis absolument persuadée que ce malheureux poisson ne souffrait pas d’autre chose.

Imaginez, chers lecteurs qu’à la suite d’une lamentable erreur d’orientation, vous vous retrouviez seuls, emprisonné entre deux écluses sans espoir d’en sortir, sans parents, sans vos enfants, sans un seul de vos semblables en qui déverser votre désespoir, sans portable , sans télévision, sans rien à manger : pas même un cornet de frites ou une barre de chocolat. Comment vous sentiriez-vous, dites-moi ? Eh bien je vous affirme que vous tomberiez dans la plus noire des dépressions et ce n’est pas un plat de harengs qui vous en sortirait.( Personnellement je déteste les harengs, c’est plein d’arêtes et d’un goût que je n’apprécie pas du tout ). Ce qu’il suffisait de faire pour lui rendre appétit et joie de vivre et le faire reprendre du poids c’est le mettre sous antidépresseur. Une bonne dose de Prosac ou de Séroplex et, après s’être jeté sur les harengs, notre bélouga, une fois restauré, aurait filé en direction de la Manche en bramant, bêlant … en tout cas faisant le bruit qu’émettent les bélougas pour se faire remarquer, jusqu’à ce qu’on lui ouvre l’écluse le libérant de sa captivité. Et tout cela n’aurait rien coûté au Trésor Public : les antidépresseurs étant remboursés par la Sécurité Sociale.

Le serre-tête, attribut des femmes catholiques !!!

Bez kategorii

Je suis catholique, mais je pense en savoir davantage sur l’Islam que beaucoup de Français, censés être cultivés, sur la religion majoritaire de leur pays. Je suis restée perplexe en entendant un journaliste assimiler le voile islamique au serre-tête des femmes catholiques.

Depuis ma plus tendre enfance, je vais à la messe au moins une fois par semaine et je ne me souviens pas avoir vu une femme assister aux offices affublée d’un serre-tête. Il faut dire que je ne me rappelle pas davantage en avoir vu dans la rue.

Dans mon enfance- je suis née en 1932- si les hommes se découvraient pour entrer à l’église, la gent féminine se devait d’avoir la tête couverte. Les dames portaient un chapeau le dimanche, et à moins d’être une élégante patentée, elle se contentaient d’un turban ou d’un foulard noué sous le menton en semaine. Les petites filles et les adolescentes mettaient un béret , une calotte, ou leur chapeau d’uniforme, si elles étaient pensionnaires, pour les fêtes carillonnées. Au milieu des années 40, quelques privilégiées arboraient une mantille, mode venant de la très orthodoxe Espagne. Ce fut bien après la guerre qu’il fut admis de se rendre à l’église tête nue. Mais autant que je sache le serre-tête n’apparaît dans aucun texte traitant de la tenue adéquate du sexe dit faible, pour entrer dans une église.

D’ailleurs cet article de toilette n’a jamais à été spécialement à la mode, d’autant qu’il ne sied pas à tout le monde surtout aux dolichocéphales comme moi, qui ne parviennent pas à le garder sur leur crâne.

La culture religieuse est de plus en plus déficiente dans notre pays. Il y a quelques années j’ai entendu la conversation de deux enfants d’une huitaine d’années, devant le calvaire de la pointe du Croisty à Arzon.

– Qui c’est le monsieur ? demanda l’un.

– C’est Jésus, répondit l’autre avec assurance. C’est là qu’il est enterré.

La toute-puissance des secrétaires médicales

Bez kategorii

Ce texte ne vous concerne pas directement, chères lectrices et amies qui, j’en suis certaine, êtes des anges * de bonté et de compassion. Mais si, par hasard vous connaissez des personnes affamées de pouvoir, désirant de toute leur âme se venger d’une jeunesse humiliée en humiliant à leur tour leurs semblables ; si, de plus, ces femmes ignorent vers quel métier s’orienter ; conseillez-leur d’embrasser la profession de secrétaire médicale.

Personnellement j’ai eu successivement affaire à trois de ces nouvelles potentates *nées de l’actuelle pénurie de médecins. Ma première aventure m’a non seulement causé une immense amertume et une grande frustration , mais m’a coûté 140 euros de taxi pour rien. J’avais rendez-vous chez mon ophtalmologiste habituelle : une vieille réfugiée Roumaine assez peu avenante qui, hélas, avait remplacé mon cher docteur égyptien. Ne pouvant plus conduire , j’avais pris un taxi pour faire les 40 kilomètres me séparant de Vannes, la métropole provinciale. Mon chauffeur était sur le point de repartir quand la secrétaire en chef ( ses deux adjointes siégeaient à ses côtés) me prévint que je n’apparaissais pas sur sa liste de rendez-vous. Sidérée, j’eus tout de même la présence d’esprit de rappeler mon automédon avant de protester de ma bonne foi et de tenter de la convaincre de son erreur. Ce fut en vain : la SM avait toutes les cartes en main et je n’était rien qu’une pauvre vieille menacée de glaucome, de cécité, et en attendant, d’une diplopie invalidante ( alors que je ne buvais que dix centilitres d’un inoffensif petit rosé cinq ou six jours par semaine pour me réconforter lorsque j’épluchais mes légumes ).

La seconde anecdote a pour décor l’entrée d’un cabinet dentaire où, j’avoue ne m’être rendue que deux fois en dix ans. Il faut dire, à ma décharge que j’ai de bonnes dents. ( C’est de famille. Mon père avait 40 ans lors de sa première intervention dentaire.) Je souffrais le martyre d’un abcès à la gencive et n’avais besoin que d’un remède pour me soulager : ce qui ne serait qu’une affaire de deux ou trois minutes. Je fus accueillie par une maritorne qui ne l’entendait pas de cette oreille.

– Madame Duchnoque*** ne vous recevra pas ! proféra-t-elle en me toisant avec méchanceté.

– Mais je souffre terriblement et cela ne va faire qu’empirer, protestai-je. Je vous signale que je suis une cliente de madame Duchnoque et tout ce que je demande c’est qu’elle me prescrive un médicament pour me soulager.

– C’est inutile, Madame, vous pourrez me demander dix fois ; je vous dis que madame Duchnoque ne vous recevra pas. Vous n’avez qu’à voir votre médecin .

L’horrible femme me jeta un regard féroce en guise d’adieu et reprit sa conversation avec sa collègue.

Ma troisième mésaventure eut lieu dans la salle-d’attente de mon « médecin référent », mon propre médecin, qui avait prononcé le serment d’Hippocrate, donc juré de soulager la douleur de ses clients. Cette fois, je ne fus pas accueillie par une virago, mais par une très jolie jeune femme abritée des patients par une sorte de bar assez haut pour éviter les éventuelles agressions.

– Je voudrais un rendez-vous le plus vite possible, prononçais-je d’une voix étouffée par la douleur. Je souffre atrocement de l’épaule. J’ai passé une partie de la nuit à crier tellement j’ai mal. C’est pareil si je bouge mon bras : je pousse un hurlement.

Sans le moindre mot de compassion la belle consulta son registre.

– Le docteur ne pourra vous prendre que dans onze jours : le 27 mai à 9h30.

– Mais j’ai terriblement mal, protestai-je. Ne peut-il me recevoir avant ?

– Certainement pas, Madame, décréta la femme avec autorité. Ce n’est pas une urgence !

Une fois de plus, j’étais vaincue, et par une gamine d’une vingtaine d’années qui aurait pu être ma petite-fille, et qui n’avait peut-être pour toute qualification que d’être une copine de la femme de mon médecin.

Alors, qu’en dites-vous, chères amies ? N’est-ce pas une position rêvée que d’être secrétaire médicale et d’avoir le pouvoir de soulager, mais surtout de persécuter, de bannir, d’humilier d’honorables personnes et de jouir de leur souffrance. Sapristi , c’est encore mieux que d’être employée à la Sécurité Sociale du temps où il fallait faire interminablement la queue devant leur guichet dans l’espoir de se faire rembourser.

Comment ça va ?

Bez kategorii

Si vous réalisiez la véritable signification de cette petite phrase anodine dont vous vous croyez obligés d’accompagner le «bonjour »  rituel, vous changeriez probablement de formule, ou vous vous abstiendriez simplement de la prononcer.

Je ne connais pas la date de naissance exacte de cette locution devenue si courante de nos jours, mais les nombreux médecins qui se sont succédé auprès de Roi Soleil l’employaient déjà. J’ imagine les dialogues quotidiens du monarque et de Fagon :

-Bonjour, Sire ! Comment va votre Majesté, ce jour d’hui ?

– Ma foi, Monsieur Fagon, je suis fort satisfait : je suis allé deux fois sur ma chaise d’affaires.

– Les matières étaient-elles abondantes, Sire ?

– Certes, fort abondantes, d’autant que j’avais mangé la moitié d’un chapon, m’étant éveillé importunément peu de temps après m’être assoupi.

– Et la consistance ? Ferme ? Molle ?Fluide ?

… J’en resterai là, vous avez certainement compris où je voulais en venir. En fait «  Comment ça va ? » cette interrogation que vous croyez de la plus élémentaire courtoisie est non seulement indiscrète mais parfaitement déplacée.

Le pire est que vous devez y répondre par la formule rituelle : «  Ça va, merci ! Et vous ? » Pas question, bien évidemment, de confesser que vous êtes diantrement constipé, ou au contraire que vous souffrez de gastro-entérite, que vous soyez en pleine dépression, que vous crachiez vos poumons, ou que vos actions en Bourse viennent de subir une baisse dramatique, vous ne devez à aucun prix mentionner ces déboires à votre interlocuteur qui, soit dit en passant, s’en moquerait éperdument.

Ces dialogues inutiles et tout à fait stupides s’échangent quotidiennement dans la France entière. Quel perte de temps ! Et quelle hypocrisie !

Certaines personnes d’un caractère jovial profèrent vous lancer familièrement : «  Ça boume ? » Ce n’est pas très distingué, mais, a, au moins, le mérite d’exclure toute connotation scatologique. Toutefois, même si votre médecin vient de vous annoncer que vous n’avez plus que trois mois à vivre, que vous êtes tenaillé par une migraine insupportable ou que vous venez de perdre votre permis de conduire, vous devez impérativement répondre par l’affirmative, même si vous le faites d’une voix lamentable avec un sourire torve :

-Oui , ça va. Et toi  ? » ( je pense, chers lecteurs, que vous êtes beaucoup trop raffiné pour employer une expression aussi triviale que « ça boume » )

Personnellement, je suis trop lâche pour ne pas me conformer à cette coutume bien française. Mais, répugnant à toute hypocrisie, lorsque je me sens vraiment trop mal, je me contente de répondre sobrement : »Bof !

Formules de politesse

Bez kategorii

Deux formules de prétendue politesse me hérissent le poil : «  Bon appétit » proférée jovialement à l’adresse de vos commensaux au début d’un repas ,et «  enchanté » lorsque quelqu’un vous est présenté. Je vous conseille expressément de ne pas les utiliser si vous tenez à passer pour quelqu’un de bon ton.

Imaginez que vous êtes invité dans la bonne société par une délicieuse hôtesse que vous avez charmé par votre charisme et votre esprit. Après avoir posé votre serviette sur vos genoux , n’allez pas clamer à la cantonade :« Bon appétit », avec votre plus beau sourire. Malheureux , savez vous que vous venez de vous perdre de réputation en passant pour le dernier des malotrus. Hé oui, mon bon ami, vous avez ni plus ni moins souhaité à vos compagnons de table d’avoir suffisamment faim pour avaler l’abominable ragougnasse que la maîtresse de maison va vous offrir. Alors, par pitié, contentez-vous désormais de réjouir la tablée par vos excellentes manières et votre convivialité !,

Si vous commettez le même impair chez vous alors que vous officiez comme maître de maison ; autant dire à vos hôtes que votre femme cuisine comme une brêle et qu’ils auront besoin d’une bonne dose de courage et d’appétit pour ingurgiter l’horrible tambouille qu’elle a mis des heures à préparer. Alors, taisez-vous et , au lieu de dénigrer sottement votre charmante épouse , plongez avec entrain votre cuillère à soupe dans votre potage une fois que vous vous serez servi.

Maintenant, penchons nous sur le mot « enchanté » ou «  enchantée » . Enchanté veut dire « être sous le charme », «  être sous l’effet d’un sortilège » , « ressentir un sentiment magique ». Mes pauvres amis ! Montez-vous au septième ciel lorsque votre collègue de bureau vous présente un nouveau membre de l’entreprise : Monsieur Torchon, un quinquagénaire bedonnant, sentant le café au lait dans lequel il vient de tremper ses tartines ? Êtes-vous frappé d’une intense félicité lorsque vous faites connaissance du compagnon de votre cousine, Béranger Lacroute : un gringalet au nez épaté et aux yeux globuleux auquel on donnerait trois sous ? Vous sentez-vous comme ensorcelé à la vue de Marlène Chameau, la nouvelle patronne de votre épouse ; une fausse blonde d’un mètre 90 qui ricane bêtement quand votre moitié prononce les paroles rituelles : «  Madame Chameau, je vous présente mon mari. » ? Manquez vous défaillir de joie quand votre grand-père vous exhibe fièrement son vieux copain de régiment, l’ex-député Marcel Bitaudeau, un âne bâté, qui vous tend une main moîte avec un regard dédaigneux ? Alors pourquoi diantre prétendez-vous être enchantés alors que vous vous fichez comme d’une guigne de ces individus, même s’ils gagnent sans doute à être connus.

Et vous ? Je sais que vous êtes des êtres délicieux et d’intelligents ; sans doute avez-vous un charme fou voire un physique extrêmement séduisant. Mais honnêtement. Vous imaginez-vous que les inconnus qui vous sont présentes sont tellement époustouflés par votre apparence qu’ils sont pris d’indicibles transes ? Bien sûr, à votre instar, ils affirment tout aussi hypocritement être « enchantés » de vous rencontrer. Mais vous savez comme moi qu’ils n’iraient même pas à votre enterrement si vous tombiez subitement raide morts à leurs pieds. Alors contentez-vous de dire : «  Bonjour Monsieur ! », ou «  Bonjour Madame ! » en souriant aimablement et vous passerez pour la personne bien élevée que vous êtes certainement.

Si toutefois vous rencontrez quelqu’un que vous rêviez depuis longtemps de connaître ; au lieu de ce stupide « enchanté ! » troussez-lui un petit compliment , par exemple : «  je suis vraiment ravi/ravie de vous voir en chair et en os, après : vous avoir admiré à la télévision /avoir lu votre roman! »* Si vous êtes inspiré, vous pouvez même lui passer un petit coup de brosse à reluire. Cela fait toujours plaisir.

Brèves suggestions

Bez kategorii

Les musulmanes qui le souhaitent étant désormais autorisées à porter le voile lorsqu’elles disputent un match de football, je suggère que, pour ne pas être en reste, les Bretonnes, elles, arborent orgueilleusement la coiffe tuyau de poêle des Bigoudènes, les Vendéennes, la ravissante coiffe aérienne des Sablaises et les Alsaciennes le grand nœud noir qui leur sied si bien. Quant aux hommes, je suis certaine que les Basques seront fiers d’exhiber leur symbole régional : le béret, et les Juifs pratiquants, le chapeau noir aux larges bords de Rabbi Jacob.

Je gage que ces innovations révolutionnaires prêteront un nouvel attrait aux matchs et que les personnes qui, comme moi, ne s’intéressent que très médiocrement à ce genre de spectacle ne manqueront désormais pas une émission montrant ces valeureux champions et championnes ainsi accoutrés.

Je suis attristée lorsque j’assiste aux pugilats de plus en plus violents des candidats à la Présidentielle et de leur supporters. Voici quelques recettes qui leur permettront de dédramatiser ces regrettables débordements.

Mettons qu’un de vos adversaires vous traite de nazi ou de stalinien, au lieu de lui lancer quelque injure nauéabonde, contentez-vous de lui rétorquer simplement :

C’est çui qui l’dis qui y est !

Cela ne manquera pas de le désarçonner instantanément.

Si vos concurrents vous diabolisent injustement, prenez-cela plaisamment en agitant vos index devant vos tempes et lancez-leur avec un large sourire :

Hou les cor-nes, hou les cor-nes.

Enfin, si, emporté par une colère irraisonné il vous lance le mot de Cambronne, ce qui est de la dernière goujaterie, répondez-lui calmement :

Mange !

Ce n’est évidemment pas très distingué, mais la nouveauté de cette injonction en politique peut avoir un certain effet.

Injures, insultes et autres termes dépréciatifs

Bez kategorii

Le français est extrêmement riche en apostrophes dépréciatives, voire infamantes et diffamatoires, que vous pouvez lancer aux personnes que vous jalousez, que vous n’aimez pas ou contre lesquels vous nourrissez quelque grief ; si toutefois vous êtes impulsif, rancunier, ou simplement méchant ou mal embouché. Toujours prête à aider mon prochain , je vais vous donner une liste exhaustive de termes parmi lesquels vous pourrez faire votre choix.

Certains vocables et locutions sont unisexes ou peuvent se féminiser : ainsi imbécile et andouille peuvent s’appliquer aussi bien au filles et aux garçons. Mais crétin fait crétine, idiot, idiote, con, connasse. Ces injures ne sont pas bien méchantes et sont couramment utilisées entre frères et sœurs ainsi que dans les cours de récréation des beaux quartiers. Con, connasse, merdeux, merdeuse sont déjà plus offensants.

Ordure peut s’adresser indifféremment à un homme ou une femme mais est extrêmement injurieux et doit être employés avec discernement si votre adversaire est un balaise de cent kilos qui, de surplus, a des notions de boxe. Marin d’eau douce et capitaine de bateau-lavoir ne sont pas vraiment des injures, mais il est peu probable qu’un lieutenant de vaisseau, et a fortiori un amiral apprécieraient ces locutions appliquées à leur personne. Et il n’est pas très plaisant de se faire traiter de vieux débris.

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Je n’ai jamais compris pourquoi on parle de «  noms d’oiseaux ». À part vautour qui est plutôt une constatation : «  Ce type est un véritable vautour ! », je n’ai trouvé aucun de ces volatiles dont l’appellation puisse être utilisée pertinemment comme insulte. Les seuls animaux dont les noms servent à fustiger un individu sont : pour les femmes : dinde, oie, guenon, buse, bécasse,  vache, vipère, thon ; et pour les hommes : âne, ( bâté), ours ( mal léché ) cochon , porc, paon ( pour les orgueilleux), perroquet (pour les malappris qui répètent ce que vous venez de leur dire pour se moquer de vous). Chameau s’applique aux deux sexes : les élèves l’employaient à mon époque pour qualifier un professeur qui prodiguait exagérément les sanctions, mais, contrairement à la coutume actuelle, ils le proféraient derrière son dos. Petit, placé devant un de ces substantifs en adoucit le sens, alors que sale, vieux ou espèce de les aggravent. Petit cochon est mignon,sale cochon est parfaitement désagréable en plus d’être un pléonasme.

Si les insultes germaniques ont plutôt d’ordre scatologique, les Français et les Anglais trouvent plutôt leur inspiration dans le sexe ; je m’abstiendrai toutefois de mentionner les plus graveleuses. Cependant, les maris trompés, les jeunes filles dont la meilleure amie a piqué le copain et les personnes vindicatives, pourront puiser dans la liste ci-dessous :

Pute, putain, salope, greluche, gourgandine, allumeuse, coureuse, Marie-couche-toi-là, chaudasse, roulure, mal baisée ( peu indiqué en certaines occurrences ).

Les aventures des hommes étant généralement considérées comme des exploits par leur congénères, les termes péjoratifs masculins sont plus rares et moins agressifs. Salaud est si couramment employé qu’il a perdu de sa virulence. Mais les quolibets tels que : connard, salopard, fumier peuvent soulager la frustration des époux victimes d’adultère en les formulant en live où in petto à l’adresse des auteurs de leur infortune. Fumier était l’insulte favorite de mon père. Il n’était pas enclin à proférer des grossièretés, mais c’est ainsi qu’il qualifiait les gens qui lui devaient de l’argent, ainsi que ses adversaires et leurs avocats quand il perdait un procès.

Les hommes battus ou qualifiés d’impuissants, gringalets, poltrons, nains ou nabots par leurs compagnes, sont tout excusés de traiter ces misérables créatures de mégères, de maritornes et de viragos, et de se rendre incontinent au commissariat pour porter plainte. Notons que, très souvent, ces femmes indignes pèsent, la plupart du temps, au moins cinquante kilos de plus que leur conjoint.

La jalousie inspire une grande variété de substantifs plus ou moins blessants et souvent totalement immérités. Ainsi une fille laide et peu attrayante dira d’une compagne plus favorisée par la nature que c’est un laideron , une grosse tarte, une mocheté, une mijaurée, une pimbêche, une bêcheuse, une gourde, une godiche, une pécore, une péronnelle, si toutefois elle connaît tous ces mots, ce qui m’étonnerait si son unique source de culture est la télé-réalité.

Un homme se souviendra sans doute de son ex comme d’une souillon, une garce, une emmerdeuse, une fouteuse de merde. Pour vilipender un individu ennuyeux ou mal élevé, une femme du monde emploiera les mots mufle, goujat ou rustre , Si elle avoisine les 90 ans et que son voisin de table chez ORPEA oublie de lui baiser la main, peut-être confiera-t-elle à sa meilleure amie que c’est un paltoquet.

La médecine nous a fourni : enflure, pansement, , résidu de fausse couche ; la charcuterie : Boudin ; la coiffure : peigne-cul ; l’équarissage : charogne. L’agriculture, la plus noble des professions, a pourtant inspiré à de spirituels Parisiens : les charmants cul-terreux, péquenots, ploucs ; et la banlieue, mon préféré : le sublime bouffon !

Mais qui fera mieux que cette Napolitaine que j’ai entendu en Algérie en 1958 traiter son gamin de bâtard… et peut-être dans un moment de lucidité de fils de pute ?

Je pourrais vous suggérer encore plusieurs dizaines de ces mots malveillants qui, s’ils vous soulagent provisoirement, ne font qu’attiser votre ressentiment. Essayez plutôt d’être bienveillants et de sourire non seulement à vos amis, vos connaissances et aux inconnus que vous rencontrez mais aux emmerdeurs, aux pisse-vinaigre…. Après tout, la cause de leur humeur morose est peut-être d’être de malheureux laissés pour compte.

Evolution

Bez kategorii

Née en 1932, j’ai vécu à une époque où la vie sociale était si différente de celle que nous connaissons actuellement qu’elle étonnerait les jeunes à plus d’un titre. Cependant bizarrement le vocabulaire employé actuellement par le Français moyen n’a pas beaucoup changé si l’on excepte les anglicismes souvent inutiles voire absurdes, le langage de l’informatique et quelques mots devenus obsolètes.

Dans les années 30, les personnes du beau sexe exerçant un métier n’exigeant pas d’études supérieures avaient déjà presque toutes une dénomination appropriée : ouvrières, couturières, épicières, fermières, boulangères, vendeuses . Il y avait aussi des employées de maison qu’on appelait alors bonnessans qu’elles s’en offusquassent le moins du monde, des bonnes d‘enfants et des nourrices, mais ces dernières se contentant généralement de garder les enfants étaient des nourrices sèches. Et comme seuls les gens fortunés avaient le téléphone il y avait dans chaque village une cabine téléphonique gérée par une téléphoniste.

Toutefois, le beau sexe étant également le sexe faible, aucune femme n’exerçait alors la profession de peintre en bâtiment, de routier, de forgeron , de menuisier, de maçon ou de charpentier ; donc il était inutile de féminiser ces substantifs. Il aurait aussi été impensable qu’une créature aussi fragile qu une femme pût envisager de conduire un tramway ou a fortiori un camion, voire de risquer de se faire agresser par un mâle, en devenant chauffeur de taxi.

Curieusement, dès la naissance de l’aviation, de nombreuses femmes se sont lancées dans l’aventure, les plus connues étant Amelia Earhard et Maryse Bastié, aussi le mot aviatrice existait-il depuis longtemps. Une cousine de mon grand-père maternel, née peu après la guerre de 1870, une femme tout ce qu’il y avait d’ordinaire*, ni sportive, ni fortunée, ne possédait pas de voiture, mais avait un petit avion avec lequel elle allait de Royan à Nantes et se rendait à tous les meetings aéronautiques de l’Ouest.

Dans les années 40, le baccalauréat, n’avait pas grand-chose à voir avec le « bac » actuel. Il était infiniment plus complet et plus difficile et les examinateurs étaient autrement plus exigeants, si bien que les admissions étaient bien loin des ridicules 97 % de nos jours. Il y avait désormais autant de bachelières que de bacheliers et si la plupart des grandes écoles ne comptaient pas encore de jeunes filles , toutes les universités leur étaient ouvertes. Il y avait des avocates depuis 1900, et une pionnière avait réussi à passer ses examens de médecine et à exercer dès 1875 ; mais dans ma jeunesse il y avait encore peu de femmes médecins. On les appelait avec une pointe de dédain, des doctoresses. Peu d’hommes savouraient l’idée de montrer leurs parties intimes à une doctoresse, surtout s’ils souffraient d’une chaude-pisse ou autre affection vénérienne, voire plus simplement d’impuissance.

Jusqu’à la première guerre mondiale et même dans l’entre-deux guerres, la très grande majorité des femmes d’un milieu aisé se contentaient de tenir leur ménage, de faire des enfants et de les élever**. Notons au passage que les garçons étaient mieux accueillis que les filles, même s’ils n’avaient pas de titre à transmettre ou portaient un nom aussi difficile à porter que Courtepatte, Grocond ou Baisemal. Pour l’administration, ces personnes n’étaient que des ménagères, du moins était-ce ce que leurs enfant écrivaient en face de «  profession de la mère » sur les fiches de renseignement que les professeurs leur faisaient remplir à la rentrée.

Les dames de la bonne société avaient plusieurs domestiques. Elles occupaient leurs journées à donner des ordres chaque matin à leur cuisinière et éventuellement au jardinier, à instruire leurs enfants les plus jeunes, si elles en étaient capables ou si elles n’avaient pas les moyens de payer un précepteur ou une institutrice. L’après-midi, elles allaient faire des visites ou à les rendre. Les plus huppées avaient leur jour***. Au début de son mariage en 1900, ma grand-mère paternelle se rendait deux ou trois après-midi par mois à se rendre à ces jours en compagnie de mon grand-père qui n’était encore que capitaine, afin de le présenter aux épouses de ses supérieurs et des officiers de son grade.

Il va sans dire qu’aucune femme ne pouvait faire carrière dans l’armée, la magistrature ou dans la politique. La sacro-sainte parité n’avait pas encore fait son apparition dans les mœurs.

Mais le changement devait s’accélérer après la guerre de 39-40 jusqu’à s’emballer à partir de l’an 2000 où l’on assiste à un véritable bouleversement de notre langue : féminisation des noms de métiers, ce qui n’est pas toujours heureux sans toutefois atteindre les horreurs de lécriture inclusive et du dégenrement. La société a évolué et les droits des femmes sont maintenant reconnus s’ils ne sont pas toujours appliqués. Les femmes ont prouvé qu’elles pouvaient exercer tous les métiers aussi bien – et parfois mieux -que les hommes. Mais, pour maintenir l’égalité des droits entre les deux sexes, est-il vraiment besoin de saccager un de nos plus précieux héritage : notre langue ?

* N’appartenant pas à la bonne société.

**Les familles nombreuses étaient fréquentes à l’époque. Dans certaines régions où les couples étaient en majorité pratiquants comme la Bretagne et la Vendée, il n’était pas rare de voir des fratries d’une dizaine d’enfants ou plus. La célèbre méthode contraceptive du bon docteur Ogino … qui devait aider à repeupler la France, apparut dans les années 50 et la pilule ne devait être commercialisée que vers 1970. Leprix Cognacq récompensait les familles de 12 enfants et le Président de la République était le parrain du douzième.

** *Au singulier, bien sûr . Cela ne voulait pas dire qu’elles avaient leurs règles. C’était jour fixe chaque semaine, souvent le mercredi – Le jeudi était alors le jour de congé des enfants – où thé et petits-fours étaient prêts pour les amis désirant rendre visite à la maîtresse de maison. Cette coutume perdurait encore dans les années 60.

Un beau cadeau d’anniversaire

Bez kategorii

Madame Hidalgo ne mégote pas avec l’argent des contribuables ! Quelle générosité ! 5000 euros de cadeau d’anniversaire pour tous les adolescents fêtant leurs 18 ans. Quelle aubaine ! Cette largesse inattendue est censée lui amener suffisamment de voix pour gagner la présidentielle … Quel optimisme !

La brave femme eût été sans doute plus avisée de repousser l’âge des bénéficiaires à 2O ans. Quelle ne doit pas être la frustration des jeunes concernés de ne pouvoir -malgré leur enthousiasme- apporter leur suffrage à leur bienfaitrice, n’ayant pas encore le droit de vote!

Ils ne seront pas les seuls à en vouloir à la candidate de son manque de jugement.

Monsieur Dugland : (père de jumeaux de 19 ans ) – Si cette c… avait donné ses foutues 5000 balles pour leurs 20 ans, on aurait pu s’acheter une grande télé et un nouveau canapé avec l’argent des gosses. Il leur en serait resté assez pour se payer une bagnole d’occasion. M… ils seraient encore en classe et habiteraient encore chez nous. Comme je n’ai ps l’intention de leur ouvrir un compte en banque, c’est moi qu’aurait encaissé le chèque.

Monsieur Delahaute (secrétaire d’ambassade en retraite, père de cinq enfants de 45 à 50 ans ) : C’est bien la gauche : faire des largesses avec l’argent de nos impôts par démagogie. Tout cela pour que les voyous s’achètent de la drogue où des motos avec lesquelles, au mieux ils se tueront, et au pire ils encombreront les hôpitaux et creuseront le trou de la Sécurité Sociale.

Madame Lagarce. ( Trois fois divorcée, technicienne de surface, vivant seule avec un fils de 17 ans et demi ) – Alors ça c’est un comble ! Donner cinq mille euros à des gamins de 18 ans pour les aider dans leurs projets. Je t’en fiche des projets ! s’acheter des fringues et une bagnole pour courir les filles. Quand je pense à ce que je pourrais me payer avec tout ce fric ! C’est aux mères méritantes comme moi, des femmes seules abandonnées par leur saletés de maris qu’il fallait donner tout ce fric. Au moins, je pourrais me faire coiffer toutes les semaines comme cette vieille pute de mère Michu.

Monsieur Lesage : ( Contrôleur des contributions père de trois filles de 17, 16 et 5 ans) – Facile de donner des idées aux jeunes alors qu’elle a autant de chances que mon épouse de devenir Présidente de la République. À ce compte là, je peux promettre 50.000 euros , nets d’impôts, à tous les pères de famille, si je deviens Ministre des Finances. Je me demande où elle aurait trouvé tous ces milliards, même si elle rançonnait tous les salopards de fraudeurs qui nous ruinent.

Non , ma pauvre Madame Hidalgo, je ne pense pas que votre mirifique idée vous serve à grand-chose sinon à faire rêver quelques malheureux cornichons qui croient encore au Père Noël.